En seulement deux semaines, le pays a enregistré trois décès communautaires liés au choléra. Une situation alarmante qui doit susciter l’implication de tout un chacun. Malgré les moyens mis en place pour une meilleure prise en charge, certaines personnes montrent encore une réticence et ne suivent pas les directives sanitaires recommandées par les médecins.
L’épidémie de choléra continue à sévir dans le pays depuis son apparition fin janvier. En effet, ces derniers jours, le pays a enregistré quatre décès dont trois communautaires liés à une prise en charge tardive. Pourtant, le ministère de la santé travaille en étroite collaboration avec les agents de santé communautaires, les volontaires du Croissant rouge et les partenaires pour endiguer cette épidémie. Des dispositifs ont été mis en place à savoir un site de dépistage à El-Maarouf, des messages téléphoniques, des émissions à l’ORTC, etc., afin d’assurer une meilleur prise en charge des cas et leur sécurité.
Malheureusement, certaines catégories de personnes sont encore réticentes face à la gravité de cette maladie diarrhéique aiguë, dont on peut en mourir en quelques heures en l'absence de traitement. Dans les cas graves, il y a apparition brusque de diarrhée aqueuse avec nausées et vomissements pouvant entraîner des pertes liquidiennes jusqu'à un litre par heure. Les complications possibles du choléra sont entre autres la déshydratation ou encore le collapsus circulatoire pouvant mener au décès en quelques heures.
Actuellement, 22 personnes sont prises en charge dans les sites de traitement, Malheureusement, le pays enregistre son sixième décès depuis le début de l'épidémie, dont un nouveau décès communautaire d'un jeune de 25 ans survenu le 18 février dernier. Les médecins recommandent à la population de se rendre à l’hôpital dès les premiers symptômes. « Cette maladie ne touche pas que les adultes, mais les enfants aussi. Si vous avez les symptômes notamment la diarrhée et les vomissements, présentez-vous rapidement à l’hôpital. Plus tôt on vient à l’hôpital, mieux on évite les complications. J’invite les parents, les enseignants à veiller à l’hygiène. Les gestes sont faciles à adopter, à savoir le lavage régulier des mains avec de l’eau propre et du savon. Inculquer aux enfants ces gestes de prévention, surtout éviter les légumes crues durant cette période », recommande la pédiatre Dr Yacine Mohamed. A ce jour, 55 personnes sont déclarées guéris du Choléra.
Il est peut-être temps que la sensibilisation se poursuive dans les quartiers, les écoles, les hôpitaux, les restaurants, les marchés en exigent le lavage des mains pour éviter une explosion des cas. A titre d’exemple, une femme rencontrée à El-marouf a montré une réticence absolue. « J’ai amené mon enfant hier, on nous a dit qu’il avait le choléra, mon deuxième enfant présente des symptômes de la maladie. Et si ce n’était pas le cholera mais autre chose. Je n’ai pas compris pourquoi les agents de santé n’ont pas désinfecté tout le quartier mais seulement ma maison », a-t-elle confié.
Malheureusement, cette méfiance est perçue dans beaucoup de localités, où certains préfèrent furent avec leurs enfants au lieu de se présenter à l’hôpital pour ne pas être stigmatisés par les voisins. Notons qu’un engagement communautaire peut améliorer la transparence et la collaboration en vue de contribuer à accroître le niveau de confiance entre les communautés affectées et les intervenants.
Andjouza Abouheir
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