La Gazette

des Comores

Première réunion de réflexion contre le cancer gynécologique

Première réunion de réflexion contre le cancer gynécologique © : HZK-LGDC

Pour poser les premiers jalons de la mise en place d’une stratégie nationale contre le cancer dans le pays, le ministère de santé en collaboration avec l’Oms et l’ACCF a tenu une première réunion de réflexion sur les cancers gynécologiques. Cette réunion de deux jours a pour but d’apporter les éléments clés dont le pays a besoin pour affiner sa stratégie nationale contre le cancer gynécologique.


Le ministère de la santé, l'Oms et l'ACCF ont tenu hier jeudi 12 mai une réunion de réflexion sur les cancers gynécologiques. Cette réunion a pour objectif de poser les premiers jalons vers la mise en place d'une stratégie nationale de lutte contre le cancer aux Comores. Dans son allocution, la représentante du représentant de l'Oms Dr Hissani Abdou Bacar a rappelé que les faits marquants publiés par l'Oms montrent qu'au cours des vingt dernières années, le nombre de nouveaux cas de cancer a plus que doublé dans la région Afrique, passant de 338 000 cas notifiés en 2002 à environ 846 000 cas notifiés en 2020.

« Dans la plupart des pays africains, les communautés peinent à accéder aux services de dépistage, de détection précoce, de diagnostic et de traitement du cancer. Par exemple, seulement 30% des enfants africains atteints de cancer survivent à cette maladie, contre 80% dans les pays à revenu élevé », montre-t-elle. Concernant le cancer du col, l’OMS a lancé la stratégie mondiale pour accélérer l’élimination du cancer du col de l’utérus avec 3 étapes clés, la vaccination, le dépistage et le traitement. La mise en œuvre réussie de ces 3 mesures pourrait réduire de plus de 40% les nouveaux cas de la maladie et de 5 millions les décès qui y sont liés d’ici 2050.

Dans cette démarche, l’OMS s’engage à aider les pays à inciter les responsables de l’élaboration de politiques et décideurs à mobiliser davantage de fonds et à garantir les ressources nécessaires à la prévention et au dépistage précoce du cancer, ainsi qu’au traitement et aux soins palliatifs, à  renforcer les capacités nationales de lutte contre le cancer, notamment par la formation de ressources humaines et la mise en œuvre de directives régionales etc.

De son côté, le secrétaire général adjoint du ministère de la santé Ahmed Mohamed a expliqué qu’au niveau des Comores, peu de données sur le cancer sont disponibles. Une enquête rétrospective effectuée sur le cancer en 2009 par l'Ong Uccc (union des Comores contre le cancer) dans un échantillon de 495 patients a donné 228 cas de cancer gynécologique dont 46% du cancer du col de l’utérus, 28% cancer du sein et 17,5% cancer de l’utérus. En plus les données récoltées en milieu hospitalier indiquaient que les cancers gynécologiques sont plus fréquents et diagnostiqués le plus souvent à un stade avancé de la maladie. « Cette situation ne peut s’expliquer en l’occurrence par l’absence d’un programme  national de lutte contre le cancer. Elle est exacerbée aussi par le fait que nos structures sanitaires ne disposent pas non plus des ressources humaines appropriées et les équipements  nécessaires permettant d’offrir une prise en charge adéquate aux maladies cancéreuses. A cet ensemble de facteurs s’ajoute également l’ignorance de la maladie par le citoyen », montre-t-il.

Présente à cet évènement Zainaba Youssouf un de membre de l’ACCF a salué les efforts de l’Oms pour l’appui technique et financier, les efforts du ministère de la santé pour cette réunion qui apportera des réponses et donnera la force à la mise ne place d’un programme national contre pathologie. « Nous espérons que cette réunion de réflexion apportera les résultats escomptés et je salue les efforts du ministère de la santé et de l’Oms. Il est à noter que plus tôt cette maladie est diagnostiqué, plus les chances d’une guérison ou préventives sont évidentes », renchérit-elle.

Andjouza Abouheir

 


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