La Gazette

des Comores

Port de Moroni ou la passerelle de tous les dangers

Port de Moroni ou la passerelle de tous les dangers © : HZK-LGDC

Les mesures de surveillances aux frontières annoncées en grande pompe par les autorités n’auront été qu’un pur brassage de vent. Hier dans la matinée, des navigateurs philippins ont jeté l’ancre au port de Moroni et sont partis dans un hôtel de la capitale sans aucun contrôle sanitaire à un moment où le monde est en alerte face à l’épidémie de coronavirus. Il faut attendre lundi prochain pour que les autorités daignent installer un comité de surveillance au port de Moroni. En attendant, croisons les doigts.


La réalité, aucune mesure drastique au niveau de toutes les frontières du pays. Des aéroports aux ports, c’est une véritable passerelle de tous les dangers. Les passagers rentrent, même des pays affectés par le coronavirus, sans aucun contrôle. Hier encore, au port de Moroni, des navigateurs philippins, au nombre de six, dit-on, ont amarré leur navire et sont partis dans un hôtel de la capitale où ils logent pour quelques jours. Si à l’aéroport de Hahaya des agents sont munis d’une espèce de scan thermique pour prélever la température des passagers entrant, ces marins n’ont rien subi de tel au port de Moroni.

 

Une négligence qui ne semble pas émouvoir les pouvoirs publics. Contacté par La Gazette des Comores, les autorités sanitaires tentent de rassurer que la durée du trajet du bateau pour arriver à Moroni, soit près de 45 jours, « est largement suffisante pour s’assurer que les marins ne sont pas porteurs de coronavirus ». Le bateau est-il venu directement de l’Asie sans passer par d’autres ports, voisins ou lointains ? L’on n’en sait rien encore. Toutefois, le ministère de la santé assure qu’au plus tard lundi prochain, un comité de surveillance sera opérationnel au port de Moroni.

 

Le 2 mars dernier, deux  ressortissants comoriens basés en Chine sont rentrés aux Comores avec Kenya Airways, et ont rejoint leurs familles sans avoir passé les 14 jours de confinement nécessaires. Les agents sanitaires placés aux frontières ont fermé les yeux parce que ces deux compatriotes ont passé dix-neuf jours en Malaisie. Problème, ce pays est affecté par le virus. En janvier, au moins neuf autres étudiants également venus de Chine, étaient laissés entrer dans le territoire sans aucune mesure à leur encontre.

 

Visiblement harassé, un membre du comité de veille avait lâché que ledit Comité ne « peut pas » prendre en charge tous les passagers arrivés de pays affectés car, si « le virus est en Chine », il est « aussi en France » où est basée la majeure partie de la diaspora comorienne. Soit dit en passant, les membres de la diaspora de France, pour ne citer que ceux-là, arrivent et repartent sans mesure de confinement préalable, et ce en dépit de la fameuse note conjointe de la Santé et des Transports (lire notre édition du 6 mars). A Mayotte, un bateau de croisière a été refoulé cette semaine par mesure de prévention.

 

Andjouza Abouheir

 

 

 

 


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