La Gazette

des Comores

Plus de 300 patients dialysés en 10 ans

Plus de 300 patients dialysés en 10 ans © : HZK-LGDC

10 ans depuis qu'il a ouvert ses portes, le centre de dialyse de Moroni a réalisé 35 688 séances dont 309 personnes dialysées.


Créé le 15 juillet 2010 par un groupe de jeunes Comoriens en partenariat avec une ONG égyptienne dénommée Algariya Alchariya, le centre de dialyse a soufflé sa 10ème bougie mercredi 15 juillet dernier. Dans un entretien accordé à La Gazette des Comores pour l’occasion, le néphrologue Mohamed Moundhirou Djoubeiri réaffirme son engagement pour sauver des vies. Depuis son ouverture, le centre pratique l'hémodialyse et la dialyse standard. Notre interlocuteur était le seul qui était opérationnel mais au fil du temps, d'autres ont été envoyés en formation à l'étranger pour renforcer leurs capacités et répondre aux besoins du pays.

 

« Nous avons connu deux phases depuis l’ouverture. La phase où les égyptiens avaient tout pris en charge et une phase où on a eu une subvention de l'État, en 2014 », se remémore-t-il. D'autres appuis matériels ont été octroyés par d'autres partenaires comme les Emirats Arabes Unis. « Il y a moins d'un an, le centre a reçu d'autres équipements à savoir 7 machines Freiseinus 5008s qui va nous permettre de remplacer certaines machines qui sont déjà défectueuses depuis nos débuts », poursuit-il.

 

Pendant 10 ans, le centre a réalisé 35 688 séances de dialyses avec une moyenne de 4770 séances par an au cours des trois dernières années. 309 patients ont été dialysés dont une partie se trouve à l'étranger, d'autres guéris et d’autres décédés. En général, les dialysés ce sont des femmes enceintes, des patients ayant fait des intoxications médicamenteuses et 85% de ces personnes font des dialyses chroniques. « Ces trois dernières années, nous avons une moyennes de 23 cas de patients par an », annonce-t-il. Pendant cette période de crise sanitaire de coronavirus, le centre a pris les précautions nécessaires pour les soins des malades. « Pour les patients de la Covid-19 qui nécessitent un dialyse, on les isole dans la salle réservée pour les patients suspects, pour éviter une contamination directe avec les autres patients ». 

 

Parmi les difficultés rencontrées, le Dr Moundhirou montre que certains patients n'arrivent pas à suivre leurs séances faute d'un centre de dialyse dans les autres îles. « Des fois, certains patients partent à Mayotte pour des soins et nombreux sont ceux qui périssent en mer ou leurs cas se détériorent », déplore-t-il, avant d’ajouter que « la plupart de temps, les patients viennent tardivement. Ce qui complique la tâche ». Depuis le départ des Égyptiens, le centre a perdu son autonomie. « Des fois, nous sommes confrontés à une pénurie de matériels car le stock est insuffisant », souligne-t-il, avant de rajouter que « le pays devrait commencer à chercher un remplaçant. Cela fait 10 ans que je me trouve seul dans ce combat mais aussi, nous manquons de personnel ».

 

Andjouza Abouheir

 


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