La Gazette

des Comores

Papillomavirus Humain : Réticence face à la vaccination

Papillomavirus Humain : Réticence face à la vaccination © : HZK-LGDC

Malgré les efforts des professionnels de santé et des autorités sanitaires pour sensibiliser le public sur les bienfaits de la vaccination contre le Papillomavirus, certaines personnes demeurent réticentes.


L’objectif était de vacciner 70% de la population cible, mais face à la propagation de fausses informations, le défi persiste en dépit des explications des experts. Hélas, il n'est souvent pas facile de convaincre les Comoriens. Une approche proactive et pédagogique fut nécessairement mise en place par les autorités sanitaires pour garantir la protection de la santé publique et l'amélioration du bien-être collectif. En effet, récemment avec la campagne sanitaire contre le Papillomavirus Humain, ayant comme population cible les jeunes filles âgées de 9 à 14 ans, des infirmières ont témoigné via les réseaux sociaux avoir été interdites de vacciner des jeunes filles dans des écoles, suite au refus des parents. Ils seraient sceptiques quant à la qualité des vaccins et à leur fiabilité. Ce qui suscite des inquiétudes parmi les professionnels de la santé.

 

Pourtant, ces derniers sont clairs et unanimes là-dessus : la vaccination contre le HPV est un des moyens les plus efficaces pour prévenir et protéger les jeunes filles contre des maladies gynécologiques graves associées à ce virus. La raison de ces refus ? Une rumeur infondée circule, selon laquelle ce vaccin pourrait avoir des effets secondaires graves, notamment sur la fertilité des femmes. Cette allégation a semé le doute dans l'esprit de nombreux parents, qui se montrent désormais encore plus hésitants à faire vacciner leurs enfants.

 

Malgré les tentatives de prise de parole des ulémas et des médecins pour éclairer le public sur les avantages et la sécurité des vaccins, la méfiance persiste. Les experts ont maintes fois expliqué que les vaccins sont rigoureusement testés et qu'ils jouent un rôle crucial dans la prévention des maladies graves. Ils ont également souligné que les preuves scientifiques soutiennent la sécurité et l'efficacité de ces vaccins, et que les risques associés à la vaccination sont extrêmement faibles comparés aux risques encourus en cas de non-vaccination. N'empêche, rien n'y fait.

 

Les ulémas, qui ont souvent une influence significative dans certaines communautés, ont également pris position pour soutenir la vaccination, en se basant sur les principes de préservation de la vie et de protection de la santé qui sont fondamentaux dans la religion. Cependant, la persistance de ces rumeurs et la méfiance qu'elles engendrent représentent un problème considérable pour cette campagne. Des assises de sensibilisation furent mises en œuvre en plein déroulement de campagne, dans l'optique d’éduquer le public, en fournissant des informations claires et scientifiquement fondées sur les avantages de la vaccination.

 

Dr Rahia Mmadi Soilihi, gynécologue obstétricienne a partagé son avis sur la question en soulignant l'importance de la vaccination pour protéger ces enfants contre les maladies graves. Elle a également rappelé la traçabilité dudit vaccin GARDASIL 4. « Ces vaccins sont soumis à des contrôles de qualité stricts et leur sécurité est garantie par l'OMS, Gavi et L'UNICEF ». Celle-ci a d'ailleurs participé il y a quelques jours, en tant qu'animatrice professionnelle de santé, à une conférence organisée par le ministère de la santé dans le but de fournir des informations claires et transparentes pour rassurer les parents et la population cible sur ce sujet précis. « Le vaccin contre le papillomavirus humain est essentiel pour protéger les jeunes filles contre les infections responsables du cancer du col de l'utérus. Il est l'un des cancers les plus courants chez les femmes et est causée principalement par l'infection par le HPV. La vaccination protège donc nos filles avant qu'elles ne soient exposées au virus, réduisant ainsi le risque de cancer à l'âge adulte », a déclaré la gynécologue Rahia Mmadi Soilihi.

 

À force, les moins têtus auront compris. La vaccination est l'un des outils puissants et essentiels dont dispose la médecine moderne pour prévenir les maladies et protéger les populations vulnérables. Il est donc primordial de surmonter les obstacles de la désinformation et de la méfiance pour permettre à la population cible de bénéficier de cette protection. Les conséquences d'une non-vaccination peuvent être graves, selon les experts. Les jeunes filles non vaccinées sont plus susceptibles de contracter des pathologies associées au HPV, telles que les cancers du col de l'utérus, de l'anus, de la vulve, du vagin, ainsi que des verrues génitales, pouvant entraîner des complications.

 

« Dans toute prise de médicaments il y a un risque, c'est indéniable. Toutefois, la sécurité du vaccin contre le HPV est une priorité absolue qui a effectivement été étudiée en amont. Chaque dose est contrôlée depuis le fabricant jusqu'au centre de vaccination, garantissant une qualité et une sécurité maximales. Les effets secondaires graves sont extrêmement rares et font l'objet d'une surveillance continue. Les études ont montré que le vaccin est bien toléré et que les effets secondaires sont généralement légers et temporaires, comparés aux effets bénéfiques qui en découlent », souligne un médecin.

 

D’autres parents trouvent cela invraisemblable qu'un vaccin aussi important soit distribué gratuitement dans le pays. Un professionnel de santé travaillant à l'OMS s’explique à ce sujet : « Justement, c'est parce que la santé des jeunes est une priorité nationale pour ne pas dire mondiale. Ce vaccin n'est pas distribué qu’aux Comores, mais est utilisé dans plus de 100 pays et a déjà protégé des millions de jeunes filles contre les conséquences graves de l'infection par le HPV. D'où l’initiative du gouvernement et ses partenaires de santé qui visent ensemble à protéger nos filles contre les pathologies liées au HPV et à réduire le risque de cancer à l'âge adulte. En distribuant gratuitement le vaccin, les gouvernements et les organisations de santé publique montrent leur engagement à prioriser la santé et le bien-être des jeunes filles ».

 

D'après les autorités sanitaires, les résultats sont nets et sans ambiguïtés. Dans les pays où le vaccin contre le HPV est largement utilisé, les infections HPV ont chuté de plus de 80%. Cela signifie que des milliers de jeunes filles sont prémunis contre les répercussions graves du papillomavirus et que des vies sont sauvées. Évitant ainsi un investissement à l'avenir en réduisant le risque de cancer et de traitements coûteux. Pourvu que les parents responsables soient désormais convaincus et rassurés de savoir que ce vaccin contre le HPV est sûr et efficace, car il est essentiel qu'ils encouragent leurs enfants à se faire vacciner.

 

Hamdi Abdillahi Rahilie (Stagiaire)

 

 

 

 


Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.