La Gazette

des Comores

Outiller les institutions pour une meilleure nutrition des enfants

Outiller les institutions pour une meilleure nutrition des enfants © : HZK-LGDC

Du 31 mars au 3 avril, a lieu à Moroni une formation sur les finances publiques en faveur de la nutrition des enfants (PF4CN). Cette initiative, née d'une collaboration étroite entre l'UNICEF et le cabinet d'expertise G:Enesis, vise à transformer les cadres techniques de l'État en véritables fers de lance du plaidoyer nutritionnel.


Si le pays multiplie les projets d'infrastructure, les initiateurs de cette formation rappellent une vérité fondamentale : sans ressources humaines qualifiées et en bonne santé, aucun développement durable n'est possible. L’objectif de cette formation étant d’outiller les agents du ministère des Finances, des services des études et les acteurs sociaux pour qu'ils maîtrisent les rouages budgétaires au service de la santé infantile. Le représentant de l'UNICEF, Mustapha Ben Messaoud, a planté le décor lors de son allocution : « Un enfant sur quatre aux Comores n'atteindra pas son plein potentiel à cause de la malnutrition. Ce chiffre de 24,1% n'est pas une statistique abstraite. C'est un enfant dans chaque classe, dans chaque famille. »

 

Loin des grands discours, cette formation mise sur l'efficacité économique. Les participants vont explorer la planification stratégique, l'optimisation des ressources et le cycle budgétaire. Un accent particulier est mis sur le « triple fardeau nutritionnel » qui frappe l’archipel : la coexistence du surpoids, de la sous-nutrition et des carences en micronutriments. Le programme s'appuie sur des exemples venant d'Afrique subsaharienne pour stimuler les échanges. Chaque acteur fût invité à présenter sa vision dès le premier jour, pour adapter ces solutions au contexte réel comorien. Pour l'UNICEF, cette initiative sonne comme le point de départ d'une réforme profonde. À l'issue des travaux, chaque institution participante devra soumettre une proposition concrète : un mécanisme de suivi renforcé ou un levier budgétaire identifié pour le prochain cycle fiscal.

 

L’idée n'est donc pas seulement de manipuler des chiffres, mais de doter ces agents participants, des outils de plaidoyer et de communication. Par ailleurs, l’un des piliers de cette formation repose sur une solution fiscale innovante : la taxe sur les boissons sucrées (BSS). Alors que le pays fait face à un « triple fardeau nutritionnel » (surpoids, carences et sous-nutrition), la modélisation de cette taxe apparaît comme le meilleur investissement. L’impact recherché est double : décourager la consommation de produits nocifs liés au diabète (9,4% de la population) et générer des recettes immédiatement réaffectables à la nutrition infantile. C’est d'ailleurs l'une des notions d'applications pratique de la formation : comprendre le cycle budgétaire pour créer des ressources pérennes.

 

Hamdi Abdillahi Rahilie

 

 

 

 


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