À Ngazidja, les agents de santé déployés aux points d'entrée de l'île ont déclenché une grève illimitée depuis vendredi dernier, laissant l'aéroport international et les ports maritimes sans surveillance sanitaire. Ceci alors que les cas recensés de la variole simienne sont en recrudescence avec 19 cas confirmés dont 17 hommes et 2 femmes, sur un total de 45 cas suspects testés, soit un taux de positivité de 42,2%. D'après nos sources, cette décision a été prise pour réclamer les arriérés d'indemnités que le ministère de la Santé n'a toujours pas versés.
La situation est d'autant plus préoccupante que notre pays est actuellement touché par une épidémie de la Mpox, dont les cas positifs recensés ne font qu'augmenter. Le Dr. Naouirou Mhadji, coordinateur national pour la riposte mpox, essaie de trouver une solution rapide pour les grévistes. “On espère que dans la semaine, nous pourrons régler cela et qu'ils obtiendront gain de cause,” a-t-il déclaré. Face à la protestation, Dr. Naouirou Mhadji avait mis en place une équipe de quatre personnes issues de la DLM pour assurer les opérations durant le week-end écoulé, sauf que ce n'est pas une solution permanente. Pourtant, l'absence de contrôle sanitaire aux points d'entrée de l'île expose la population à des risques importants : la santé et la sécurité des Comoriens en dépendent. Ainsi, les autorités doivent agir rapidement pour résoudre ce conflit et assurer la sécurité sanitaire de la population.
Les frontières ne doivent pas rester sans contrôle. Sachant que cette grève risque de causer des conséquences directes en termes de sécurité sanitaire. Les voyageurs et les marchandises y arrivant n'étant plus soumis à des contrôles sanitaires, ce qui augmente le risque de propagation de la mpox. Par ailleurs, le personnel soignant du centre de santé de Sambakouni, lequel prend en charge les malades, menace également de se retirer si leurs indemnités ne sont pas payées au plus vite. Contactée, la Direction Régionale de la Santé (DRS) n'a pas répondu à nos questions. Les agents en grève rappellent que leurs conditions posées lors de l'arrivée de la mpox, notamment le paiement de primes liées à la COVID-19 et au choléra, n'ont toujours pas été honorées par le ministère, malgré des engagements précédents.
Cette absence de résolution maintient la pression sur les autorités sanitaires. Actuellement, l'aéroport, le port et les deux petits ports du sud demeurent laissés pour-compte. Pour rappel, il s'agit d'un scénario préoccupant qui se répète. En effet, les professionnels de santé travaillent souvent privés de leurs prérogatives, avec des impayés comme pendant les périodes du Covid-19 et du choléra. “En dépit de ces difficultés, nous nous sommes toujours mobilisés pour lutter contre les épidémies. Mais cette fois, la coupe est pleine. Et nous continuerons la grève tant que nous ne serons pas payés,“ concède une agente de santé faisant partie des grévistes lésés dans leurs droits. Le Gouvernement va-t-il revoir ses priorités, répondre à ses responsabilités et trouver une solution urgente à cette situation malheureuse ?
Hamdi Abdillahi Rahilie
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