La Gazette

des Comores

Monopole d’Etat sur l’importation des médicaments / Les pharmaciens vent debout contre cette décision

Monopole d’Etat sur l’importation des médicaments / Les pharmaciens vent debout contre cette décision © : HZK-LGDC

Le syndicat des pharmaciens a, dans une lettre ouverte adressée au directeur général de l’Anamev, fait part de son inquiétude « quant à la fin des importations des médicaments par les pharmacies du secteur privé ». Il dit craindre des pénuries de médicaments et estime que « l’Ocopharma n’a pas les ressources humaines et matérielles pour mener à bien une telle mission ». Une pénurie de médicaments peut très vite devenir tragique, loin devant une pénurie de riz ou de produits pétroliers.


Dans une lettre ouverte adressée au directeur général de l’Agence Nationale du Médicament et des Evacuations Sanitaires (Anamev) dont nous nous sommes procuré une copie, le syndicat des pharmaciens a tiré la sonnette d’alarme. En effet, dans un article publié par nos confrères d’Al-watwan la semaine dernière, le patron de l’agence a annoncé « la fin des importations des médicaments par les pharmacies du secteur privé ». Le syndicat des pharmaciens, a fait donc part de sa surprise, car « n’ayant pas été avisé, ni par son ministère de tutelle, ni par le gouvernement ni par l’Anamev elle-même ».


En fait, depuis quelques temps, l’information selon laquelle le gouvernement s’apprêtait à exercer un monopole dans l’importation des médicaments circulait. Il semblerait donc que la machine soit déjà en marche. Les pharmaciens signataires de la lettre ouverte, tout en étant favorables à la régulation des médicaments, au maintien d’une importation de qualité et à la lutte contre l’introduction et la distribution des médicaments illicites, affirment avec force que « l’importation des médicaments par des pharmaciens d’officines privées ne se fait pas de manière incontrôlée ».

 

En outre dans l’article d’Al-watwan dont il est question, on pouvait lire qu’un délai de 6 mois « est accordé aux pharmaciens pour écouler leur stock ». Ces derniers doutent fortement de la capacité de l’Office Comorien des Produits Pharmaceutiques (Ocopharma) « à pouvoir satisfaire les besoins en médicaments et produits de santé dans les 6 prochains mois ». Et d’apporter quelques éléments de précision : « sur 180 références médicamenteuses importées, nous avons dénombré une dizaine de ruptures de stock depuis le début de l’année 2018 », pouvait-on lire dans le document adressé au patron de l’Anamev. Le syndicat des pharmaciens estime en outre, en tant que principaux partenaires d’Ocopharma « que celui-ci ne dispose ni des ressources humaines, ni des ressources matérielles adéquates pour garantir l’importation de tous les médicaments en Union des Comores ».


Toujours selon lui, « les mesures entreprises par l’Anamev conduiront inexorablement à la pénurie de médicaments et à l’introduction en Union des Comores, de spécialités de qualité douteuse ainsi qu’à la prolifération de laboratoires fantômes annihilant le rôle essentiel du pharmacien dans son souci constant de bonne délivrance du médicament ». Et de conclure, « nous, Syndicat des pharmaciens, sommes inquiets du devenir de la population comorienne et tirons la sonne d’alarme d’un risque majeur de santé publique ».


Faïza Soulé Youssouf

 

 

 


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