Alors que le paludisme ne circule actuellement plus à Mohéli, les autorités sanitaires renforcent la vigilance pour empêcher toute réintroduction de la maladie. Une formation destinée aux Agents de santé communautaire (ASC) s’est tenue vendredi 11 septembre, avec l’appui des experts chinois du Projet d’élimination rapide du paludisme FEMSE et en collaboration avec le Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP).
La surveillance du paludisme se renforce à Mohéli. Réunis autour d’une session technique, les ASC ont été formés aux méthodes de détection, de notification et de suivi des éventuels cas. Présents au plus près des populations, ils constituent un maillon essentiel de la surveillance communautaire et de l’alerte précoce. « Actuellement, à Mohéli, il n’y a pas de paludisme. Mais nous constatons beaucoup d’entrées de personnes venant de Ngazidja et d’autres pays. Les agents qui se trouvent au niveau des points d’entrée ont donc besoin de beaucoup de formation », a expliqué Li Mingqiang, assistant chinois du Projet d’élimination rapide du paludisme. Pour l’expert, la vigilance doit rester permanente malgré l’absence de transmission locale. « Nous avons mobilisé les Agents de Santé Communautaire pour qu’ils puissent nous donner les informations qu’ils trouvent sur le terrain », a-t-il ajouté.
Cette mission vise également à préserver les acquis obtenus par Mohéli dans la lutte contre la maladie. Kamal Saïd Abdallah, responsable technique de la prise en charge du paludisme au PNLP et assistant technique du projet, rappelle que l’île occupe une place particulière dans la stratégie nationale d’élimination. « Mohéli est la première île à avoir bénéficié de cette démarche d’élimination », a-t-il souligné. L’objectif est désormais de s’assurer que le paludisme ne circule plus sur l’île et de prendre toutes les dispositions nécessaires pour empêcher son retour. Les efforts restent particulièrement concentrés à Ngazidja, où la maladie continue de toucher de nombreuses personnes. Les équipes se rendent toutefois dans les autres îles afin de suivre la situation et de renforcer les dispositifs de surveillance.
La prévention demeure également au cœur de cette stratégie. Une nouvelle distribution de moustiquaires est annoncée prochainement. Selon Kamal Saïd Abdallah, leur nombre sera déterminé à partir des recensements de la population, conformément aux recommandations de l’OMS. Du côté des ASC, la formation est jugée utile. Fawem Nassuhou Ahmed, président des Agents de Santé Communautaire, appelle ses collègues à mettre en pratique les connaissances acquises : « Je viens d’acquérir beaucoup de choses grâce à cette formation. J’aimerais dire à mes collègues d’utiliser et de mettre en pratique ce que nous avons appris. » Avec le soutien de la Direction régionale de la santé de Mohéli, du PNLP et de la coopération chinoise, l’enjeu est désormais clair : maintenir Mohéli sans paludisme et empêcher toute réintroduction de la maladie.
Riwad
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