L’Unfpa a mené une campagne de sensibilisation la semaine dernière à l’Université de Patsy sur les grossesses non désirées. Elle appelle les jeunes filles à être responsables de leurs corps.
Après l’École supérieure de technologie (EST) le mois dernier, l’Unfpa (Fonds des Nations unies pour la population) en partenariat avec le Commissariat National pour la promotion du genre et l’association des sages-femmes des Ndzuani a organisé des séances de sensibilisation au site universitaire de Patsy à Anjouan. Cette initiative rentre dans le cadre des activités de la célébration de la journée internationale de la femme. « La prévention des grossesses non-désirées offre des meilleures opportunités pour l’autonomisation des filles », tel est le thème retenu pour lancer cette campagne de sensibilisation sur les grossesses non désirées chez les jeunes.
« Ces séances de sensibilisation sont conçues pour améliorer les connaissances des jeunes et renforcer leurs comportements aux risques d’avoir des grossesses non-désirées, promouvoir le report des premiers rapports sexuels par l’abstinence, encourager l’utilisation systématique de méthodes contraceptives et réduire le nombre de grossesses non-désirées chez les filles », déclare le responsable de communication de l’Unfpa, Nasser Youssouf.
Le choix du centre universitaire de Patsy ne s’est pas fait au hasard car ce dernier occupe 40% des étudiants de l’ensemble des effectifs de l’Université des Comores soit 4.803 sur 11.817 inscrits pour l’année 2019-2020 à l’Université des Comores selon le responsable de ce centre. Ces jeunes sont représentatifs car issus des différentes régions de l’Île et même beaucoup de jeunes de Mohéli sont inscrits à ce centre.
Les sages-femmes se sont reparties en groupe de 5 pour partager les connaissances avec les jeunes allant des différentes formes de grossesse, comment éviter les grossesses non-désirées et les conséquences liées à ce phénomène. « Nous constatons dans les maternités qu’il y a beaucoup de jeunes qui viennent nous voir après avoir tenté d’interrompre leurs grossesses d’une manière clandestine. Nous avons enregistré 3 jeunes filles décédées après avoir voulu faire un avortement et elles étaient toutes inscrites à ce centre universitaire. Raison de plus d’accentuer la sensibilisation », déclare Fatima Halidani, la responsable de la santé reproductive et planification familiale à la Direction Régionale de la Santé à Anjouan.
« Pour manque d’informations sur la santé sexuelle et reproductive, ces jeunes sont livrés à eux-mêmes et ne savent pas sur quel pied danser quand un malheur leur arrive. C’est pourquoi la sensibilisation sur la prévention des grossesses non désirées est importante pour éviter que des cas pareils se présentent » a-t-elle ajouté.
Le sujet a beaucoup intéressé les étudiants qui ont participé activement en partageant leurs petites histoires et en posant des questions sur leurs soucis quotidiens en matière de santé sexuelle. Notons aussi que la particularité de cette sensibilisation est le déploiement de la clinique mobile dans ce centre pour offrir des services de santé aux jeunes notamment la distribution des préservatifs, des pilules de lendemain et surtout les informations liées aux différentes méthodes contraceptives.
Andjouza Abouheir
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