Hifadwi en collaboration avec d’autres Ong de lutte contre les violences basées sur le genre ont battu le pavé à Moroni samedi dernier. L’association fait état de 6 cas d’agressions sexuelles et physiques durant ces 6 derniers mois et exige sans délais le retour en prison de ces criminels.
La violence à l'égard des femmes et aux enfants est un phénomène en recrudescence et qui ne connaît ni frontière géographique, ni limite d'âge, ni race, et concerne tout type de relation familiale et tout type de milieu social. Aux Comores, à l’occasion de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants, l’Ong Hifadwui a organisé une marche pacifique ce samedi 25 novembre pour sensibiliser encore sur ce fléau. Cet évènement a vu la présence de plusieurs associations et structures qui militent pour la même cause à l’instar de Petit z’anges, Mwana tsi wa mdzima, l’Ong Cap, Service d’écoute, etc. Pour ces militants, l’évènement a pour but de dénoncer les actes barbares contraires à la foi musulmane dont les femmes et les enfants sont victimes.
Dans la foulée, une des responsables de l’Ong Hifadwui Sitti Attoumane a précisé que cette journée est une opportunité de rappeler à la population que tous les hommes naissent égaux en droit et en dignité. « Ces six derniers mois, nous avons enregistré 6 cas d’agressions physiques et sexuelles très graves, d’inceste à l’exemple d’un père qui a violé sa fille de 11 ans, d’un garçon drogué et violé par 4 personnes. Notre rôle est d’accompagner notre gouvernement et les partenaires pour éradiquer ce fléau. Ainsi nous nous efforçons malgré nos maigres moyens de prévenir et de sensibiliser la population pour une prise de conscience collective contre ces atrocités néfastes pour les familles et les victimes », souligne-t-elle. Elle a lancé un vibrant appel au chef de l’Etat pour que les coupables corrompus et corrupteurs soient punis sévèrement. « Nous exigeons sans délais le retour en prison de ces criminels. Nous lançons un cri de désespoir car nous ne savons plus vers quel saint nous vouer », lance-t-elle.
Sous une thématique clé « il ne suffit pas de dénoncer, il faut aussi changer les mentalités » l’évènement a pris toute sa dimension sociale. « Nous avons compris que les causes de ce fléau sont complexes et nombreuses notamment le chômage des jeunes, la vulnérabilité des femmes, la drogue, l’insuffisance des moyens médicaux et juridiques. Il faut aussi que le gouvernement œuvre pour un durcissement de la législation contre la corruption et la violence faite aux femmes. Il faut lutter contre cette injustice et appliquer scrupuleusement les textes et les lois en vigueur en la matière. Il est temps que nous changions les mentalités pour mieux accompagner les victimes et lutter efficacement contre ce fléau », ajoute-t-elle. Notons que pour ces 16 jours d’activisme, des activités sont faites et des recommandations formulées. Lors cette manifestation, l’Ong cap a suggéré l’idée de créer une coordination pour une cause commune, celle de lutter contre les violences.
Andjouza Abouheir
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