La Gazette

des Comores

L’OMS et le gouvernement visent des résultats d’ici fin 2025

L’OMS et le gouvernement visent des résultats d’ici fin 2025 © : HZK-LGDC

La Représentante de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), Dr Triphonie Nkurunziza, a rendu visite au ministre de la Santé le 13 juin dernier. Et ce déplacement n’avait rien d’une simple visite de courtoisie. À travers une réunion jugée “stratégique”, l’agence onusienne a appelé les autorités sanitaires comoriennes à accélérer la mise en œuvre de leurs engagements, avec un objectif clair : produire des résultats concrets d’ici décembre 2025.


Accueillie par le ministre de la Santé, Ahamadi Sidi, la Représentante de l’OMS aux Comores, Dre Triphonie Nkurunziza, a tenu à saluer l’engagement de la délégation nationale lors de la dernière Assemblée mondiale de la Santé à Genève. Toutefois, tout en soulignant cette mobilisation positive, elle a rappelé avec fermeté et bienveillance que l’heure est désormais à la mise en œuvre concrète des engagements pris. « Avec le leadership stratégique du ministre, rien n’empêche d’atteindre des résultats tangibles d’ici fin 2025 », a-t-elle insisté. Cette réunion s’inscrit dans le prolongement de la Lettre de mission présidentielle reçue par le ministre en mai, qui érige la santé publique en priorité de l’agenda national du développement durable.

La feuille de route conjointe s’articule autour de 4 urgences sanitaires majeures. Il s’agit d’abord de prévenir toute résurgence du paludisme à Mohéli et Anjouan, tout en renforçant les dispositifs de lutte contre cette maladie à la Grande Comore. Deuxième priorité : éradiquer la transmission de la lèpre grâce à une couverture sanitaire complète dans les zones à risque. Enfin, le pays s’apprête à lancer une campagne de vaccination contre le papillomavirus humain, avec un objectif ambitieux de 90% de couverture chez les jeunes filles âgées de 9 à 15 ans. Pour que ces priorités deviennent réalité, l’État devra mobiliser des ressources locales et internationales de manière coordonnée, a souligné Dre Nkurunziza. Parmi les autres points abordés figure le renforcement du système de surveillance épidémiologique, avec la désignation officielle d’un Point Focal RSI (Règlement Sanitaire International) au sein du ministère. « Il est essentiel que les Comores puissent détecter rapidement les menaces sanitaires et y répondre efficacement », a-t-elle insisté.

La Représentante de l’OMS a également plaidé pour une meilleure synergie entre les partenaires, appelant à une coordination renforcée sous la houlette du ministère de la Santé. Face à ces exigences, le ministre de la Santé, Ahamadi Sidi, a pris ses responsabilités. Il s’est engagé à faciliter la collaboration avec l’OMS, notamment en assurant l’accès aux données sanitaires via la plateforme DHIS2. « L’OMS demeure notre premier conseiller et le chef de file des partenaires du secteur santé », a-t-il affirmé devant ses équipes. Il a aussi souligné la nécessité d’un suivi rigoureux des engagements pris, notamment dans le domaine de la santé maternelle et néonatale, un secteur qui reste sous pression. « Nous allons renforcer la tenue des audits des décès maternels et néonatals, pour mieux orienter nos actions », a précisé le ministre.

Dans un contexte régional où les attentes en matière de santé publique sont particulièrement élevées, cette rencontre pourrait ouvrir la voie à l’élaboration d’un plan d’action conjoint, structuré autour de jalons intermédiaires clairement définis. L’objectif, souligné par les deux parties, est sans équivoque : faire de décembre 2025 non pas une échéance symbolique, mais un véritable moment de bilan mesurable pour le système de santé comorien. « Les bases sont là. Ce qu’il faut désormais, c’est maintenir le cap et produire des résultats », a conclu Dre Nkurunziza, en quittant le ministère avec la promesse d’un suivi rapproché.

Mohamed Ali Nasra

 

 

 


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