Depuis janvier 2026, les habitants du district de Mitsamiouli n'ont plus besoin d’aller à Moroni pour une consultation spécialisée en oto-rhino-laryngologie, dermatologie et gynécologie. Pour diversifier son offre de soins et éviter aux patients de longs et coûteux déplacements vers Moroni, l'établissement finance sur fonds propres le recrutement de médecins généralistes et de spécialistes vacataires.
En ORL, les consultations sont assurées chaque jeudi. Une présence régulière qui répond à une demande longtemps restée sans réponse dans le nord de l'île, où les patients étaient alors obligés de se rendre à Moroni. Toutefois, l'organisation se veut rigoureuse et humaine. Pour garantir des soins approfondis, la capacité est limitée à quinze patients par session. Les rendez-vous se prennent directement au 335 83 10. Comme résultat, le délai d'attente est désormais inférieur à deux semaines. Les cas urgents, eux, bénéficient évidemment d'une prise en charge prioritaire. « La liste des quinze patients est pleine tous les jours et des fois où on peut rajouter cinq personnes en cas d'urgence et si la situation le permet. Pour le moment, on reçoit des patients de la région et ses périphéries », explique Laïla Himidi, surveillante générale de l'hôpital. D'après elle, le succès ne se dément pas.
Parmi eux, Amina Mze, mère d'un garçon de neuf ans. Son fils souffrait d'otites à répétition depuis plus d'un an, avec des douleurs nocturnes et une baisse d'audition qui affectait sa scolarité. « Ici, à Mitsamiouli, c'est plus proche, plus rapide, plus accessible. On nous a reçus en moins d'une semaine. Aujourd'hui, il entend bien, il dort bien, et on continue à surveiller son état. Je suis vraiment reconnaissante. » Un témoignage qui résume l'esprit de cette initiative des soins spécialisés de proximité, enfin à portée des villageois. Une stratégie que ces derniers saluent, car elle réduit les coûts pour les familles, limite les déplacements parfois éprouvants et renforce la confiance envers le système de santé local.
Interrogé, le Directeur de l'hôpital Zain El-Abidine Abdallah, a déploré le peu d'affectations de médecins relevant de la Fonction publique, y compris les généralistes. Pour assurer et surtout diversifier l'offre de soins et éviter aux patients de longs et coûteux déplacements vers la capitale, la direction a dû prendre les choses en main. L'établissement recrute désormais sur fonds propres des médecins dont des médecins généralistes et des spécialistes vacataires, notamment en ORL, Dermatologie et gynécologie, et annonce négocier en ce moment avec un chirurgien orthopédique. Une autonomie fragile qui semble peser lourdement sur les finances de la structure. Selon le directeur, l'hôpital assure lui-même la rémunération de près de 80% de son personnel contractuel de l'établissement. Une lourde charge qui limite sa marge de manœuvre pour envisager d’investir dans l'amélioration de la qualité du plateau technique, et assurer la maintenance régulière des équipements et des locaux.
Hamdi Abdillahi Rahilie
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