La Gazette

des Comores

L’ACCF interpelle l’Etat sur la prise en charge

L’ACCF interpelle l’Etat sur la prise en charge © : HZK-LGDC

Après un mois de sensibilisation et de dépistage, l’Accf a clôturé samedi dernier la cinquième édition d’octobre rose. L’occasion pour l’association qui lutte contre le cancer chez la femme d’interpeller les pouvoirs publics sur la prise en charge qui devient problématique.


Une centaine de femmes ont battu le pavé à Moroni pour sensibiliser encore une fois la population sur la lutte contre le cancer gynécologique. « Être malade n’est pas une honte », tel est le slogan de la  marche rose qui marque la fin de la 5e édition de la campagne « octobre rose » lancée par l’association comorienne de lutte contre le cancer chez la femme (ACCF). Dans son traditionnel discours, sa présidente a rappelé que chaque année l'ACCF prend en charge les frais de dépistage dans la limite de ses moyens financiers, essentiellement constitués de dons. Environs 390 mammographies sont réalisées à Ngazidja dont 337 payées par l'ACCF. Cependant, le constat révèle que seules 5 femmes résidant à Mohéli ont pu faire le déplacement à Anjouan pour la mammographie.

« Les raisons sont multiples mais nous pouvons citer, entre autres, la cherté des billets d'avion. On observe sur l'île, l'absence de moyens de déplacement fiables et accessibles à tous. Les vedettes à destination de Chindini n'étant pas ce qu'il y a de plus sûr, nous n'osons pas encourager la population à les emprunter », déplore-t-elle. Une question qui devrait intéresser encore les autorités.

Un dépistage précoce est bien mais la prise en charge est encore mieux. L’association interpelle l’Etat sur la prise en charge de cette pathologie. « Nous avons appris récemment que la convention de Maurice est suspendue. On ne connaît pas encore les raisons mais nous espérons que le ministère de la santé va réagir rapidement. Il est urgent que cette convention soit rétablie », lance-t-elle.

L’association notifie au moins 5 cas diagnostiqués de cancer du sein et qui n'ont pas beaucoup de ressources pour se faire soigner. « L'évacuation sanitaire vers Maurice est ce qui se rapproche le plus de leurs moyens financiers et sont actuellement dans l'attente. Nous recevons beaucoup de doléances des malades qui ont besoin d'aide pour pouvoir partir se soigner. La prise en charge n'est pas de notre ressort mais nous ne pouvons être sourds face à ces besoins. A cela s'ajoutent les cas au stade trop avancé et dont le traitement n'est plus possible. Elles ont besoin de soins palliatifs pour être soulagées et accompagner leurs familles», annonce-t-il.  

L’Accf appelle le ministère de la santé encore une fois à s’impliquer à ce combat. « Nous demandons que l'Assurance-maladie généralisée (AMG) dont on nous parle depuis, soit effective et bénéficie à ces 2 maladies au cancer du sein et cancer du col de l'utérus. Il est important d'explorer plusieurs pistes dans l'Océan Indien et dans la communauté des pays d'Afrique de l'Est pour des conventions sanitaires. La solution de Maurice n'est malheureusement pas suffisante et nous handicape lourdement dès qu'il y a un blocage. Ceci, en espérant qu'avec le nouvel hôpital en construction, les Comores puissent progressivement disposer d'un plateau technique et des professionnels pour la prise en charge des malades », renchérit-elle.

Andjouza Abouheir

           


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