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des Comores

Lutte contre les cancers féminins : L'AMG apporte son soutien à l'ACCF

Lutte contre les cancers féminins :  L'AMG apporte son soutien à l'ACCF © : HZK-LGDC

Réunies ce lundi au ministère de la santé et de la protection sociale, l'assurance maladie généralisée et l'association comorienne contre le cancer de la femme ont scellé un partenariat solidaire. Un chèque d'un million de francs pour renforcer l'accompagnement médical, psychologique et social des patientes.


C'est un geste à la fois symbolique et concret. Dans les locaux du ministère de la santé à Moroni, l'assurance maladie généralisée (AMG) a remis ce dimanche un chèque d'un million de francs comoriens à l'association comorienne de lutte contre le cancer féminin (ACCF). Au-delà du montant, c'est un signal d'écoute que la société civile attendait depuis huit ans. La cérémonie s'est tenue en présence du ministre Ahamadi Sidi Nahouda, venu saluer les équipes avant un rendez-vous interministériel, de la secrétaire générale du ministère de la santé, Mme Ania Mohamed Issa, de la direction de la lutte contre la maladie (DLM) et des représentantes de l'ACCF, forte de deux cents adhérentes. Dans une atmosphère empreinte d'émotion, la présidente Mme Zahara Abdallah a confié : "Cette fois-ci, on a le sentiment d'être écoutée". Une phrase qui résume l'esprit de la rencontre. L'AMG n'est pas un simple financeur. Portée par l'État comorien et l'Agence française de développement, via les ministères de la santé et des finances, l'initiative vise un système plus équitable. Son objectif étant de subventionner les soins et définir un panier accessible. À savoir que le dépistage des cancers, notamment gynécologiques, y a été intégré malgré l'absence initiale de plateaux techniques.

 

Il y a plus de deux ans, le public ne comptait aucun mammographe. Aujourd'hui, deux appareils ont été acquis, première étape cruciale pour le diagnostic précoce. L'AMG déploie aussi des campagnes dans le Mitsamiouli, Hamahamet, Mboude et Boinkou, où ses équipes sont déjà implantées. Notamment dans le but d'entre autres, rapprocher le dépistage des femmes et briser le silence. Pour l'ACCF, qui accueille jusqu'à vingt femmes par jour, souvent très vulnérables, ce soutien arrive à point nommé. "On travaille toute l'année, pas seulement en octobre", rappelle sa présidente. Si Octobre Rose offre une visibilité, le combat se mène au quotidien depuis huit ans, dans l'ombre, entre écoute et orientation. L'originalité de l'association tient à son approche humaine. En lien avec les médecins, elle a mis en place la pair-aidance : d'anciennes malades guéries accompagnent les nouvelles, leur parlent du traitement, leur redonnent espoir.

 

"C'est un traitement très long qui nécessite un soutien non seulement financier, mais aussi social et psychologique. Depuis le début de notre campagne d'octobre rose cette année, nous avons recensé six cas à ce jour dont quatre en cours de prise en charge et deux également en cours de suivi, alors même que la campagne n'est pas encore terminée", insiste la présidente de l'ACCF. Quant au reste des doléances structurelles, l'association plaide pour que le certificat médical suffit à déclencher une évacuation sanitaire, sans justifications interminables dans les bureaux administratifs. Elle réclame surtout une unité de chimiothérapie au futur CHU El-Maarouf pour limiter les évacuations coûteuses et l'errance thérapeutique. "On est avec vous", y a répondu le Ministre de la santé. Un engagement qui, adossé à ce million solidaire, pourrait soutenir un parcours de soins digne, concret et durable pour les patientes comoriennes longtemps restées dans l'ombre.

 

Hamdi Abdillahi Rahilie

 


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