Réunis le mardi 20 octobre à la direction régionale de la santé de Mohéli, les médecins chefs et les responsables de la lutte contre le paludisme ont planché sur un objectif : éliminer la maladie du pays. Mais les chiffres présentés révèlent un frein de taille ; le comportement des populations.
Le mardi 20 octobre, la salle de la direction régionale de la santé de Fomboni a accueilli un atelier de formation consacré à la prise en charge du paludisme. Médecins chefs et responsables du programme y ont revu, diapositive après diapositive, les standards de l'OMS : diagnostic biologique obligatoire par test de diagnostic rapide ou goutte épaisse, traitement par combinaison thérapeutique à base d'artémisinine (ACT) pendant trois jours, complétée d'une dose unique de primaquine pour les cas simples. Les cas graves, eux, relèvent de l'urgence : artésunate par voie intraveineuse et hospitalisation obligatoire. Les participants ont aussi abordé le suivi de l'efficacité thérapeutique selon les recommandations OMS 2023, avec des contrôles à J3, J7, J14, J21 et J28.
Selon les présentations faites, le troisième jour est déterminant : un patient encore positif peut signaler une suspicion de résistance à l'artémisinine. Un point sensible, puisque les Comores figurent parmi les pays africains où des mutations du gène K13 ont été signalées. La politique recommandée lors de cette formation tient en trois mots : tester, traiter, surveiller. A en croire les statistiques nationales, les hommes adultes sont plus touchés que les femmes et les enfants. L'explication est simple, selon Kamal Saïd Abdallah responsable national de la prise en charge du paludisme et assistant technique dans le projet chinois, ils tardent à consulter. Un retard qui peut transformer un paludisme simple en forme grave.
Le responsable pointe aussi un problème d'adhésion à Ngazidja. D'après lui, une grande partie de la population n'accepte pas les conditions de la lutte et refuse de prendre les médicaments fournis par la coopération chinoise. Autre paradoxe : 98% des ménages possèdent une moustiquaire, mais seulement 48% l'utilisent. Pour les organisateurs, la réussite passe autant par la compétence du personnel de santé que par la confiance de la population. Cette formation, jugée très utile pour les Comoriens, vise à harmoniser les pratiques sur le terrain, afin de guérir le patient et de bloquer la transmission du parasite.
Riwad
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