Réunis samedi 1er août à Moroni à l'occasion de la 6ᵉ édition du Symposium sur l'élimination du paludisme, les autorités comoriennes et leurs partenaires chinois ont réaffirmé leur engagement à éradiquer le paludisme d'ici 2030. La coopération scientifique, le renforcement des interventions de terrain et la surveillance épidémiologique figurent parmi les principaux leviers retenus pour accélérer la lutte contre cette maladie qui touche encore près de 50 000 personnes par an aux Comores.
Moroni a accueilli samedi 1er août au Palais du peuple la 6e édition du Symposium sur l’élimination du paludisme, en présence du ministre de la Santé et de l’ambassadeur de Chine.
Trois axes ont guidé les échanges, avec comme objectif de confirmer la volonté d’éradiquer la maladie d'ici 2030. À savoir la coopération scientifique, en valorisant l'expertise chinoise, qui a éliminé cette maladie parasitaire chez elle ; le renforcement des stratégies de terrain, en poursuivant les traitements de masse ; puis la lutte continuelle anti-vectorielle et la surveillance. L’ambassadeur Huang Zheng a souligné la continuité du forum, organisé pour la troisième année consécutive par le ministère de la Santé et l’Université de médecine traditionnelle chinoise de Guangzhou.
Il a rappelé l’ampleur du défi : « D’après les données de l’Organisation mondiale de la santé, environ 282 millions de cas ont été recensés en 2024 dans 84 pays, causant plus de 610 000 décès. L’Afrique concentre près de 95% des cas. Aux Comores, près de 50 000 cas ont été enregistrés en 2024 comme en 2025 ». Depuis 2007, la coopération a porté sur des traitements de masse à base d’artémisinine, avec une baisse de 98% des cas de paludisme en 2017 et l’absence de décès liés à la maladie cette année-là. Il a cité la formation de milliers de techniciens et la construction de l’hôpital de Bambao Mtsanga sur l'île de Ndzuani. Huang Luqi, représentante de l’administration nationale de la médecine traditionnelle chinoise, présente à l'événement, a rappelé que l’artémisinine, issue de la médecine traditionnelle, est le traitement de référence recommandé par l’OMS, et qu'elle a permis à la Chine d’éliminer la maladie. Il a alerté sur une recrudescence et appelé à renforcer surveillance et capacités.
Pour le gouverneur Ibrahim Mze Mohamed, l’éradication ne dépend pas seulement du médical, mais de la sensibilisation et la participation communautaire, lesquelles sont indispensables. Le ministre Ahamadi Sidi Nahouda a présenté un rendez-vous scientifique et stratégique traduisant la volonté d’éliminer le paludisme d’ici à 2030, tout en reconnaissant que la Covid-19 a ralenti les progrès. Il a indiqué que le nombre de cas du paludisme à Ngazidja est passé « de 55 277 en 2024 à 49 978 en 2025 ». Un recul, mais environ 50 000 personnes ont encore été touchées l’an dernier et un décès a été enregistré à Mwali. « Ces chiffres nous obligent à poursuivre nos efforts avec détermination, » a-t-il conclu.
El-Aniou Fatima
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