La Gazette

des Comores

Lutte contre le cancer chez la femme : La prise en charge au cœur des échanges

Lutte contre le cancer chez la femme :  	 La prise en charge au cœur des échanges © : HZK-LGDC

Une fois que le diagnostic posé, la prise en charge du cancer doit être mise en place. Cette dernière fait appel à plusieurs traitements qui s’articulent tout au long du parcours de soins ainsi qu’un accompagnement psychologique. La question de la prise en charge a été abordée par l’ACCF lors d’une conférence débat.


C’est dans une conférence débat mercredi 18 octobre à l’Alliance française que la problématique liée à la prise en charge des cancers gynécologiques aux Comores a été mise en avant par l’association comorienne de lutte contre le cancer chez la femme. Connaitre son statut est très important mais la prise en charge est encore mieux. Telle est l’expression clé de cette discussion. La présidente de l’association est revenue sur l’historique de l’ACCF créée dans une démarche de briser le tabou autour de cette maladie qui touche particulièrement la femme. En 4 ans seulement, l’ACCF a enregistré 1580 mammographies dont plus de 500 l'année dernière. Pour ces 2 dernières années, elle comptabilise 111 causeries et une audience de plus de 4000 personnes. Depuis, des efforts ont été ressentis, le tabou se lève de plus en plus, des réflexes d'informations et consultations face à un changement au sein se font sentir, le dépistage rentre dans les habitudes, notamment durant octobre rose. Mais ce qui préoccupe encore l’ACCF, c’est la prise en charge qui coute excessivement cher et qui affecte le malade et son entourage.

Présent, Dr Mohamed Mondjoin a expliqué qu’une fois le cancer détecté, tout un processus se met en place. Car l’état du patient peut nécessiter un traitement médical et des soins spécialisés pendant des mois voire même des années. Cela peut être la chirurgie, la radiothérapie, la chimiothérapie, mais également l’accompagnement psychologique qui contribue au traitement. Durant cette période, de nombreux professionnels peuvent venir en aide au patient ou à sa famille, pour aborder les questions médicales, mais aussi sociales ou psychologiques.

« On aura prochainement l’ouverture de l’hôpital de référence, c’est le moment opportun de sensibiliser pour avoir un service de cancérologie qui nous permettra de prendre en charge et mieux accompagner les patients atteins de cette pathologie. Il est également important de louer un partenariat avec les autres pays de la région pour les transferts de compétences en oncologie. Faire en sorte que la chimiothérapie se fasse sur place. Car dans des moments pareils, le malade a besoin d’être entouré par ses proches. Le gouvernement nous a aussi parlé d’une prise en charge sociale, pour commencer, il pourrait prendre en charge ce genre de pathologie selon leurs moyens. Le dépistage ne doit pas se faire seule, la prise en charge doit être au rendez-vous pour mieux épauler le patient», avance-t-il.

C’était l’occasion d’écouter le témoignage frappant de la fondatrice de l’association   Moinafatima Charani, atteinte du cancer du sein. Elle met l’accent sur la prise en charge. « Je sais que beaucoup de femmes partent en kwassa-kwassa, et d’autres s’envolent vers la Tanzanie ou ailleurs. Une fois sur place, elles sont chamboulées, ne savent pas à qui parler, qui se confier. Donc c’est pour dire que le problème des soins et de prise en charge doivent être une priorité pour nos dirigeants, pour notre gouvernement », raconte-t-elle.  Et d’ajouter : « C’est dur de se retrouver dans une situation pareille abandonnée. Certains parmi nous n’ont pas la chance d’avoir des gens pour les conseiller ».

Andjouza Abouheir

 


Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.