À quelques jour de la date fatidique de l’opération Wuambushu d’expulsion massive des comoriens des trois iles à Mayotte, prévue le 20 avril, les soignants de Mayotte sont inquiets et dénoncent des répercussions dramatiques pour les habitants résident dans les bidonvilles de l’île comorienne sous administration française.
Alors qu’à Moroni, les autorités gardent un silence radio, à Mayotte les réactions se multiplient. Inquiets, une centaine de soignants de Mayotte alertent les autorités sur les risques sanitaires que l’opération pourrait engendrer, lit-on dans le journal IMAZ press, actualité de La Réunion. Les soignants expliquent que le bilan des précédentes interventions de grande ampleur en matière de lutte contre l’immigration ou d’insécurité impliquait des conséquences dramatiques. Selon eux, l’opération peut générer une situations à risque infectieux épidémique dans les zones d’hébergement d’urgence, la limitation de l’accès aux soins, soit à cause de la destruction de leur habitat, soit à cause des contrôles d’identité exacerbés, soit par l’effet indirect des blocages et des violences sont des facteurs à prendre en compte.
Les soignants ne sont pas les premiers à dénoncer les risques de l’opération, le mois de février dernier, la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) avait demandé l’annulation de cette opération tandis que la section régionale du syndicat de la magistrature a révoqué « un amalgame entre immigration et délinquance ».
À Moroni, la société civile avait dénoncé vigoureusement une opération de « génocide » la semaine dernière. Elle estime que la France est dans l’illégalité sur le plan du droit international. Cette expulsion est une déportation, qui est considéré comme un crime contre l’humanité. « Nous sommes ici pour trouver une solution. Il s’agit d’un déplacement de force, c’est un crime. Ce projet de destruction des bidonvilles, c’est un risque grave sur la paix civile. Nous espérons que cette opération ne se fera pas. Nous condamnons fermement cette opération et cette mainmise de la France », avait-elle souligné appelant le gouvernement à réagir face à cette situation.
Pour mémoire, l’opération Wuambushu est prévue pour débuter le 20 avril prochain, soit dans 10 jours, et vise à multiplier le nombre d’expulsions, de destructions de logements et d’arrestations visant exclusivement les habitants originaires des trois autres îles, considérés par la France comme des « clandestins » à Mayotte, en violation de toutes les résolutions des Nations Unies reconnaissant l’appartenance de l’île à l’Etat comorien au nom du principe de l’intangibilité des frontière héritées de la colonisation.
Andjouza Abouheir
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