Dans le cadre de la semaine de la santé mentale, l’association des psychologues aux Comores a tenu une conférence débat à l’hôpital El-Maarouf. Durant deux heures, l’accent a été mis sur « la protection des femmes, des enfants et des personnes en situation de handicap » pour mieux sensibiliser les participants sur les formes de violence qui peuvent impacter toute une vie.
L’association des psychologues aux Comores a tenu samedi 08 octobre dernier une conférence débat à l’hôpital de référence El-Maarouf. L’évènement s’est déroulé en présence du ministère de la santé, de la direction d’El-Maarouf, des psychologues ainsi que des agents de santé. Placé sous le thème « la protection des femmes, des enfants et des personnes en situation de handicap », la journée a eu tout son sens. Ce thème répond à l’actualité notamment la recrudescence des cas de violences faites aux plus vulnérables, mais c’était l’opportunité pour l’association de toucher le maximum de personnes surtout les femmes. D’ailleurs, le service d’écoute a recensé en 2021, 246 cas de violences dont 85% concernent des femmes et 15% des hommes. Chez les femmes, 83% des ces cas sont d’ordre sexuel, économique et psychologique.
D’après la conférencière, Hanan Mohamed Hassan, les femmes et les enfants sont des êtres vulnérables. « Dans certaines situations, ce sont des personnes qui n’ont jamais un statut d’adulte. Des fois, ils sont sous la tutelle d’une autre personne. Donc l’idée est de mettre le spot line sur eux à l’occasion de cette journée », explique-t-elle, en invitant les gens à signaler des cas et à orienter les victimes chez les professionnels de santé.
En effet, ces personnes ont plus de risques d’être la cible d’une violence, d’en être témoin ou d’y être exposé de manière plus ou moins régulière. Ces violences peuvent être de plusieurs formes, physique, psychologique, exploitation financière, sexuelle et les négligences. Ces types de violences peuvent avoir des conséquences comme l’anxiété, la dépression, troubles de stress post-traumatique, trouble du sommeil et de l’alimentation, le suicide chez les enfants. Il y a des conséquences lourdes qui peuvent perturber le développement cérébral, et même endommager d’autres parties du système nerveux, ainsi que les systèmes endocriniens, circulatoire, musculosquelettique, etc.
Durant cette séance, plusieurs interventions ont été faites notamment comment détecter ces formes de violences et comment orienter les victimes à consulter un psychologue. Il a été démontré qu’il existe un outil appelé « violentomètre » pour mesurer la violence. Cet instrument a été conçu pour sensibiliser les jeunes aux violences au sein du couple. Une jauge pour déterminer si la relation est saine ou non.
Interrogée par la presse, Hanan Mohamed Hassan a fait savoir que les maladies de santé mentale sont très stigmatisées aux Comores. Selon elle, il y a d’autres pathologies mentales qui ne vont pas forcément conduire à la folie. « L’objectif de cette association est de décortiquer ces idées reçues, de dire aux gens qu’il y a d’autres cas de santé mentale qui ne font pas forcement la personne folle mais qui donne la nécessité d’être aidé. Le rôle du psychologue est d’aider la personne à aller mieux », confie-t-elle.
De son côté, le président de l’association Assadilah Abdallah a expliqué que les maladies de santé mentale peuvent toucher n’importe qui. Ces pathologies sont des fois silencieuses et des fois ont des conséquences dans la vie d’une personne. « Les psychologues sont là pour diagnostiquer les problèmes dans la pensée, les sentiments et le comportement ainsi à aider les personnes à surmonter ces problèmes ou à les gérer efficacement. Notre association existe depuis longtemps et nous sommes là pour accompagner les gens », souligne-t-il. Notons que cette association a été créée en 2008 et elle a organisé plusieurs activités dans le pays. D’ailleurs, elle est intervenue après le crash du vol de Yemenia, pour accompagner les familles endeuillées.
Andjouza Abouheir
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