La Gazette

des Comores

Le personnel de Samba menace de partir en grève

Le personnel de Samba menace de partir en grève © : HZK-LGDC

Deux ans sur le front de la lutte contre la covid-19, le personnel de santé du site de Samba Kouni à Ngazidja menace de partir en grève si leurs doléances ne sont pas prises en compte. Ces derniers ont réduit leurs effectifs à un service minimum en espérant obtenir des réponses de leur hiérarchie d’ici 48 heures sinon d’autres actions seront entreprises.


« Laissés dans des conditions difficiles », disent-ils, le personnel de santé du site de Samba Kouni, hôpital réservé aux porteurs du coronavirus menace de déclencher une grève. Ces vaillants agents de santé pour qui l’esprit de patriotisme fait vibrer, prend la population à témoin dans une conférence tenue hier mardi 28 décembre avec différentes plateformes des réseaux sociaux. « Nous avons des personnes qui ont des enfants, des familles, des personnes âgées et nous avons décidé de servir notre pays dans cette guerre dont on ne sait quand elle prendra fin et nous ne sommes pas considérés. Même pas un redevabilité, personne ne pense à nous », avance un des conférenciers. Ces médecins et infirmiers ne demandent que leur droit légitime, un minimum pour travailler dans de bonnes conditions.

« Le chef de l’Etat avait signé un décret  pour primer le personnel en front dans la Covid-19, certains l’ont reçu une fois et d’autres non. Certains d’entre nous sont des contractuels, d’autres non titularisés, voire des bénévoles. Nous demandons le minimum pour travailler. Nous avions déjà dit à notre ministère de tutelle qu’arrivera un moment où nous allons lâcher prise car les conditions ne nous permettent pas de travailler dans les normes et cela fait deux ans que rien ne change malgré les discussions que nous avons eu à faire. Et nous voilà encore », poursuit-il.

Certains agents qui travaillent dans la gestion de la covid-19 ont l’espoir d’être un jour payés et indemnisés, malheureusement ce personnel au front, en contact direct avec les malades font partie des oubliés. Ce personnel envoie un message fort au gouvernement pour qu’il pense à leur sort. « On ne nous a jamais mis sur le même pied d’égalité et pourtant nous faisons plus qu’eux. Certains ont des voitures, nous non. Nous sommes obligés de nous débrouiller pour nous rendre au travail sachant le danger que nous courions », lâche-t-il. Et d’ajouter : « Nous vivons mal. Nous avons pris la décision de réduire l’effectif à un service minium. Si d’ici 48 heures nous n’avons pas de retour de nos supérieurs, nous entamerons d’autres actions ».  

Rappelons que 11 patients se trouvent hospitalisées dans cet hôpital dont 4 sous assistance respiratoire et que l’ile de Ngazidja enregistre 942 cas actifs selon le dernier bulletin officiel.  Pour mémoire, lors de la deuxième vague, en mars 2020, ce même personnel avait lancé un cri d’alarme au gouvernement pour améliorer les conditions de travail, notamment un logement pour ne pas infecter leurs proches, une gratification de leurs salaires et des indemnités de risque. Cette situation risque de créer une crise dans une crise. 

Andjouza Abouheir

 


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