15 ans après son éradication, le paludisme refait surface à Mohéli. Les autorités sanitaires parlent des cas importés des autres îles et comptent procéder à un dépistage massif et une haute surveillance aux portes d’entrée et sortie. L’implication de tout un chacun est sollicitée.
« La vigilance est de mise » se sont les mots des autorités sanitaires à Mohéli. Et ce n’est pas cette fois-ci à cause du Covid-19 mais du paludisme. Quelques cas importés, selon eux, ont été observés à Mohéli alors que cela fait 15 ans depuis 2007 que cette maladie à été complètement éradiquée dans l’île. La coordinatrice nationale du programme de lutte contre le paludisme, le directeur régional de la santé à Mohéli ainsi que les agents sanitaires de l'île, et la force de l'ordre, se sont réunis la semaine dernière à la direction régionale de la santé pour plancher sur les méthodes à adopter pour éradiquer le paludisme aux Comores d'ici 2025.
Pour y parvenir, le dépistage massif ainsi que la surveillance permanente des entrées et sorties de l'île de Mohéli étaient au centre du débat. « Pour mieux gérer cette maladie, j'appelle la population à être vigilante et mieux se protéger contre le paludisme. Dormir sous une moustiquaire imprégnée et accepter de prendre les médicaments pour les traitements de masse est impératif », lance Dr Hadjira Abdoulatuf, la coordinatrice du programme national de lutte contre le paludisme. « Il est très important de travailler en équipe pour obtenir des résultats positifs », souligne-t-elle tout en sollicitant l'AND (armée nationale de développement) d'y apporter leur contribution comme ça été le cas pour la covid-19.
La situation sanitaire sur le paludisme, selon ces autorités, ne cesse de se détériorer au niveau national. En 2018, 19 600 cas du paludisme ont été enregistrés aux Comores dont huit décès. En 2020, rien qu'à la grande Comores, on a enregistré 4 000 cas de paludisme et 10 000 cas en 2021. Pourtant le programme avait fait reculer le taux de la population porteuse de la maladie de 23% à 0,3% grâce au traitement du dihydroartémisinine pipéraquine. Toutefois, à Ngazidja, la campagne lancée en 2013 n'a permis de couvrir que 60% de la population. « Beaucoup de gens ont boudé le traitement, raison pour laquelle le paludisme est fortement localisé dans cette île par rapport aux autres », regrette la coordinatrice.
Riwad
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