Le soir du dimanche dernier un patient a été empêché d’accéder à l’hôpital de Samba-kuuni, dans les hauteurs de la capitale Moroni. Et pour cause, les jeunes de ces localités le soupçonnaient d’être porteur de coronavirus, cette épidémie qui ravage sans pitié dans le monde. Jusqu’au moment où nous bouclions ces lignes, les autorités n’avaient pas daigné communiquer sur cette affaire qui tient l’opinion en haleine. Pas rassurant surtout quand le directeur de l’hôpital en question parle d’un « secret professionnel » et « d’État ».
Elles étaient pourtant promptes à annoncer les mesures prises pour prévenir l’épidémie. Mais face à la rumeur persistante d’un possible cas de coronavirus, les autorités ont avalé leur langue, faisant régner un silence de tombe. Nous sommes le soir du dimanche 8 mars. Une vidéo filmée à l’hôpital de Samba-kuuni est rapidement devenue virale, partagée plus de 700 fois.
Dans ces images un homme avec un masque de protection affirme que lui et ses complices se sont rendus à l’hôpital pour empêcher l’accès d’un patient « porteur du coronavirus ». « Nous avons porté des machettes et des cailloux », devait-il détailler comme pour montrer leur détermination à en découdre. Finalement la voiture qui avait emmené le patient a rebroussé chemin. L’auteur de la vidéo laisse entendre que l’information leur a été communiquée par un médecin exerçant dans ledit hôpital.
D’après nos informations, le patient, un membre de la diaspora de France, aurait été admis à l’hôpital El-maarouf pour une fièvre. Ici, les soignants ont jugé nécessaire de le transférer à l’hôpital de Samba. Pourquoi ce choix ? La Gazette des Comores est entré en contact avec le directeur du centre hospitalier pour mieux comprendre l’affaire. Sa réaction n’est plus rassurante puisque pour justifier son refus de nous répondre, il évoque un « secret professionnel » et « d’État ».
Le matin d’hier lundi, nos confrères de HaYba ont rapporté qu’une réunion de crise a été tenue par les autorités. La station a affirmé qu’à l’issue de cette réunion les forces de l’ordre étaient mobilisées pour rechercher le patient, qui aurait pris la poudre d’escampette depuis le mauvais quart d’heure de Samba. Dans la journée, l’on apprendra qu’il était déjà dans l’avion en direction de Paris « après un passage à l’ambassade de France ». Tant de versions à chaque minute de chaque heure, sans compter la psychose, parfois irrationnelle. Contacté par nos soins, les collaborateurs de la ministre de la santé nous avaient indiqué que celle-ci allait s’exprimer dans l’après-midi. Peut-être un autre après-midi, mais pas celui d’hier.
Andjouza Abouheir
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