Face au risque d'introduction du virus Ebola dans la région, le ministère de la Santé a réuni, mercredi dernier, les oulémas et les représentants du Muftorat à l'Université Imam Chafiou de Moroni. Cette rencontre vise à associer les leaders religieux aux actions de sensibilisation et de prévention qui seront déployées à l'échelle nationale. Une campagne de communication est prévue à partir de ce vendredi.
Devant des oulémas venus de plusieurs localités du pays, le ministre de la Santé, Ahamadi Sidi Nahouda, et le responsable de la surveillance épidémiologique, le Dr Faouzouz Ben Aboubacar, ont présenté les enjeux liés à la prévention de cette maladie hautement contagieuse. « Ebola est une maladie extrêmement grave qui peut entraîner un taux élevé de mortalité en l'absence d'une prise en charge rapide », a rappelé le Dr Faouzouz Ben Aboubacar. Il a présenté les principaux symptômes, avant d’évoquer la situation épidémiologique dans certains pays africains confrontés à des flambées de la maladie, appelant à une vigilance constante. Tout en soulignant qu'aucun cas n'a été enregistré aux Comores, les responsables sanitaires ont insisté sur la nécessité d'anticiper tout risque d'importation du virus. « La protection de notre population est l'affaire de tous », a déclaré Dr Faouzouz, qui a également regretté que certaines personnes minimisent les messages de prévention, estimant que cette méfiance pourrait compromettre les efforts de santé publique.
Les autorités ont rappelé les principales mesures de prévention, notamment le lavage régulier des mains, le respect des règles d'hygiène, l'évitement des contacts avec des personnes présentant des symptômes suspects et l'adoption de comportements responsables en cas d'alerte sanitaire. Le ministre Ahamadi Sidi Nahouda a appelé les responsables religieux à relayer ces messages auprès des fidèles. « Les mosquées jouent un rôle essentiel dans la sensibilisation de la population. Nous comptons sur les oulémas pour accompagner cet effort de prévention », a-t-il déclaré. Prenant la parole, Fundi Ali Hadji a lui aussi invité les fidèles à faire preuve de prudence. « Le salam entre frères musulmans est une valeur importante, mais dans un contexte de prévention sanitaire, il est préférable d'éviter les poignées de main lorsque les autorités le recommandent. Mieux vaut prévenir que guérir, incha Allah », a-t-il affirmé.
À partir de ce vendredi, après la grande prière, les autorités religieuses organiseront des prières collectives dans les mosquées afin d'implorer la protection divine contre les épidémies. En parallèle, des équipes de sensibilisation seront déployées dans les villages et les lieux de rassemblement afin d'informer la population sur les mesures de prévention, notamment à l'occasion des grands rassemblements traditionnels qui reprennent dans plusieurs localités.
Hamdi Abdillahi Rahilie
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