La Gazette

des Comores

La bataille décisive de l’Ocopharma

La bataille décisive de l’Ocopharma © : HZK-LGDC

L’office comorien des produits pharmaceutiques, Ocopharma, est au front de la lutte contre cette crise sanitaire de coronavirus. La direction qui a choisi la discrétion fait des pieds et des mains pour que les hôpitaux ne manquent de rien en matière de médicaments. Défi relevé.


 

Depuis l’apparition de la Covid-19 dans le pays, tous les agents de l’Ocopharma ont retroussé leurs manches en vue d’accompagner les comités mis en place pour la riposte contre la pandémie. Eu égard aux mesures prises par le gouvernement, l’officine a rapidement tourné le dos à sa production habituelle pour mettre le paquet dans la production des solutions hydro-alcooliques. Une décision plus que nécessaire puisqu’au niveau mondial ce produit était en rupture de stock. Cette réactivité devrait avoir permis de contrecarrer le coronavirus tant les gestes barrières, dont la désinfection des mains, sont vivement recommandés. 

 

Les appareils de remplissage de l’Ocopharma tournent à plein régime  depuis maintenant 5 mois pour la fabrication de ces gels hydro-alcooliques. C’est ainsi que 800 flacons de 100 millilitres sont produits par jour ainsi que des bidons de 5 litres dont nous n’avons pas une quantité précise. L’Ocopharma stocke dans un hangar situé dans l’enceinte même de l’établissement, les différentes aides accordées au pays. L’on peut citer les cas les plus récents avec Jack Ma, fondation Ben Zaed, direction de lutte contre le sida, direction de lutte contre le paludisme, la Chine, Madagascar, la France, l’Inde, les Emirats Arabes Unis, l’UNICEF, le PNUD, l’OMS, le Croissant rouge comorien, Golden Tulip et Opaco. Toutes ces aides sont en effet stockées à l’Ocophrama avant d’être dispatchées dans les districts sanitaires au niveau national. Comme quoi, être au four et au moulin n’est pas impossible. 

 

« Ces médicaments sont  distribués en concordance avec le comité logistique dans les différents centres. Nos dépôts régionaux jouent également ce rôle », nous fait savoir le directeur de l’Ocopharma, Nakib Mbaraka lors d’une visite guidée, hier. Au cours de cette crise, la coordination nationale effectue ses achats de médicaments à Ocopharma. Mais ces achats quoique considérables ne traduisent pas forcément un bond du chiffre d’affaires. Bien au contraire. Avant la crise l’Ocopharma réalisait des recettes mirobolantes. Mais avec l’arrivée de la Covid-19 les patients, pris de panique, ont déserté les hôpitaux pour se soigner à la maison par peur d’attraper le coronavirus à l’hôpital. Une psychose qui n’est pas sans répercussions sur la consommation et donc sur la vente des médicaments. 

 

« Nous ne vendons que des masques et des gels mais nous tenons le coup pour apporter notre  notre soutien à l’État » concède avec courage le patron des lieux avant de rajouter que la structure a désormais des médicaments spécifiques à prix réduits pour faciliter la population, notamment les personnes en situation précaire, à avoir accès. L’Ocopharma a saisi également l’opportunité pour rebondir sur une information relayée dans la semaine par votre journal, relative à la vente incognito de médicaments octroyés par la France à travers l’AFD: «  Jusque là, nous supervisons les distributions. Tous les médicaments sont bien stockés dans les différents  dépôts. Ces aides sont destinées à la lutte contre la covid-19 et non pour la vente », explique notre interlocuteur. Ces dons seraient donc distribués au niveaux des trois îles sous supervision du comité Logistique.

 

Andjouza Abouheir

 

 


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