La Gazette

des Comores

Journée mondiale du don de sang : L’urgence d’un engagement volontaire régulier

Journée mondiale du don de sang :  L’urgence d’un engagement volontaire régulier © : HZK-LGDC

À l'occasion de la Journée mondiale du don du sang, placée cette année sous le thème « Une goutte d'humanité. Donnez du sang. Sauvez des vies », l'Afrique enregistre des progrès réels avec près de 7 millions de dons. Cependant, chez nous, la banque de sang connaît fréquemment des ruptures de stock. À l'hôpital de référence par exemple, la banque de sang de l'unité de transfusion fonctionne en flux tendu, obligeant les familles à trouver elles-mêmes des donneurs de remplacement face à la rareté du bénévolat régulier.


Dans son message pour 2026, le directeur régional de l'OMS pour l'Afrique rappelle que chaque jour, des femmes en couches, des enfants atteints de paludisme sévère, des accidentés de la route ou des malades chroniques dépendent d'une transfusion. L'accès à du sang sécurisé n'est pas un luxe, c'est une condition de survie et de résilience des systèmes de santé. Cela dit, les chiffres montrent une dynamique réelle. Le nombre de dons est passé d'environ 2,2 millions au début des années 2000 à près de 7 millions en 2023, avec près de 7 dons sur 10 provenant désormais de donneurs volontaires non rémunérés. Pourtant l'écart reste béant. L'Afrique ne collecte en moyenne que six dons pour 1 000 habitants, un niveau très inférieur aux besoins fondamentaux, et l'OMS s'est fixé comme jalon d'atteindre justement ces six dons pour 1 000 d'ici 2027. Les pénuries, les inégalités d'accès et le dépistage incomplet de certains agents infectieux continuent de fragiliser la sécurité transfusionnelle.

 

Chez nous, aucun programme de célébration n'est prévu cette semaine, mais le besoin, lui, ne fait pas relâche. Au CHN El-Maarouf au sein de l'unité de transfusion du laboratoire, la banque de sang tourne en flux tendu. Faute de stock, les familles de patients sont systématiquement invitées à trouver elles-mêmes des donneurs de remplacement, une pratique qui fait basculer la solidarité vers l'urgence individuelle. Le don volontaire régulier peine à s'installer. Quelques entreprises mobilisent leurs salariés, mais le bénévolat reste plus ou moins rare. Ce sont, de façon ponctuelle, les gendarmes, les étudiants de l'Université des Comores ou quelques organisations de la société civile et entreprises privées qui organisent des collectes pour renflouer les réserves occasionnellement.

 

Les freins évoqués à Moroni rejoignent ceux listés par l'OMS : nombre insuffisant de donneurs réguliers, infrastructures limitées, idées reçues et croyances culturelles qui dissuadent. Dans ce contexte, la dépendance aux dons familiaux, souvent réalisés dans la précipitation, pèse à la fois sur la disponibilité et sur la sécurité. Le message régional insiste : les gouvernements doivent prioriser et financer des programmes nationaux équitables, les professionnels doivent renforcer la qualité et l'innovation, les communautés doivent valoriser leurs donneurs. Car donner son sang, rappelle le directeur régional, c'est donner de l'espoir et de la dignité, pas seulement un produit médical.

 

Cela suppose des collectes mobiles régulières, un partenariat structuré avec les employeurs publics et privés, et une information continue dans les écoles et les quartiers pour sensibiliser au volontariat. À l'occasion de cette journée, le message reste qu’une poche peut faire la différence pour par exemple un accouchement qui tourne mal ou en cas d'accident grave, entre un enfant anémié et une rentrée sauvée. Pour rappel, pour faire un don de sang, vous devez être en bonne santé, avoir entre 18 et 60 ans et peser au minimum 50 kg.

 

Hamdi Abdillahi Rahilie

 


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