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des Comores

Journée mondiale contre le Diabète : Un pacte avec la société civile pour 2026-2029

Journée mondiale contre le Diabète : Un pacte avec la société civile pour 2026-2029 © : HZK-LGDC

À quelques jours de la 36ème Journée mondiale du diabète, le ministère de la santé et l'ONG Santé Diabète aux Comores ont lancé, le mardi 3 novembre à Moroni, un projet ambitieux visant à consolider le rôle de tous les acteurs y compris des organisations de la société civile pour mieux prévenir, dépister et accompagner les malades jusqu'en 2029.


Hier, de 8heures à 11heures, la salle de conférence du ministère de la santé et de la protection sociale affichait complet. Autorités, soignants, associations et partenaires s'étaient donné rendez-vous pour le lancement officiel du programme : « Consolider la place et le rôle de la société civile dans un réseau multi-acteurs afin d'améliorer la prévention, la prise en charge et l'accompagnement des personnes atteintes de diabète ». Un projet qui couvre la période 2026 à 2029 et s'inscrit dans le mois de mobilisation pour agir contre le diabète. D'entrée, la secrétaire générale de la santé, Mme Ania Mohamed Issa, a planté le décor. « La prévalence atteint déjà 8% et continue de grimper », a-t-elle alerté. Pour elle, l'hôpital seul ne suffira plus. Il faut renforcer le rôle de la société civile pour améliorer la prévention, le dépistage et la prise en charge, avec un focus sur le diabète de type 2, la lutte contre les complications et l'accompagnement des parties prenantes. La réussite, a-t-elle insisté, reposera sur l'implication collective et les contributions de chaque acteur.

 

La coordinatrice du projet à l'ONG Santé Diabète, Dr Rachmat Attoumane, a ensuite détaillé l'ampleur du défi. Selon les données 2015-2016 et 2025 présentées, environ 10,8% de la population est touchée ; si 30% des cas de type 2 sont connus, 50% des diabétiques ne sont pas diagnostiqués à temps. Aujourd'hui, 2 126 personnes vivent avec un diabète de type 2, tandis que 47 autres présentent le type 1 et 56 femmes sont suivies pour un diabète gestationnel. La gravité se lit aussi à l'hôpital : 70 cas identifiés en soins intensifs et 9 décès enregistrés. Sur 2 928 sorties analysées, 734 cas ont été diagnostiqués, dont 12 nouveaux cas de type 1. Des chiffres qui traduisent une maladie coûteuse, souvent découverte au stade des complications. Le nombre réel dépasse largement les 2 000 patients identifiés dans les structures.  D'où le cœur du projet, doté de 1 133 000 euros : créer des Maisons de Prévention, lieux d'accueil, d'échange et d'orientation pour la population et plus spécifiquement les personnes à risque, et s'appuyer sur 42 pairs éducateurs mobilisés dans trois maisons et 170 médecins et infirmiers formés.

 

L'ambition est d'atteindre 20 000 personnes atteintes et 50 enfants et jeunes accompagnés, dont 60% bénéficiant d'une éducation thérapeutique. La réunion a aussi mis à nu les failles du système. Seules 5 structures sur 20 renouvellent quotidiennement leurs stocks d'antidiabétiques, le fonds de roulement mis à disposition ayant été utilisé pour d'autres besoins hospitaliers. L'insuline, elle, reste disponible et gratuite via les centres de référence. La question des ressources humaines est cruciale car sur trois médecins formés comme diabétologues, l'un n'a pu terminer pour raisons de santé, une major de promotion au Mali a dû quitter le pays. Aujourd'hui, le pays ne compte que 6 médecins spécialistes dont 5 endocrinologues. Le programme Life for a Child suit une file active de 40 patients, après 3 décès enregistrés en 2016.

 

La direction générale de la santé veut rompre avec la verticalité. Informatisation à 100 % des dossiers pour les types 1, 2 et gestationnel, interopérabilité entre les trois niveaux de la pyramide, Data Hub et tableau de bord pour la décision : les cibles sont chiffrées, 90 % de compétences acquises sur le diabète gestationnel, plus de 20 % de dépistage pour les types 2 et gestationnel, 100 % des enfants et jeunes pris en charge. Reste à faire remonter les données communautaires et à sécuriser la collecte, jugée imprécise et frustrante pour les prestataires. En clôture, Mme Ania Mohamed Issa a appelé à intensifier la sensibilisation pour un dépistage précoce, à lutter contre l'automédication et les « traitements miracles » des réseaux sociaux et à encadrer la médecine traditionnelle. Tout ceci avec l'intention d'une mise en œuvre qui sera probablement relayée par la DGS et suivie via un comité de pilotage annuel.

 

Hamdi Abdillahi Rahilie

 

 


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