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des Comores

Interview: Dr Anssoufouddine Mohamed « Cette maladie montre combien la solidarité prime »

Interview: Dr Anssoufouddine Mohamed  « Cette maladie montre combien la solidarité prime » © : HZK-LGDC

22 nouveaux cas de covid-19 ont été enregistrés à Anjouan. Et pour mieux gérer la crise, les équipes sur le terrain sont à pied d’œuvre afin de stopper la chaine de contamination. Interrogé par La Gazette des Comores/HZK Press, le Dr Anssoufouddine est revenu en long en large sur leur intervention sur le terrain, la prise en charge et l’épidémie en soi.


Question : Anjouan a enregistré 22 nouveau cas le 30 mai dernier, quelle stratégie avez-vous mise en place pour stopper la propagation du virus dans l’ile ?

 

Anssoufouddine Mohamed : Tout d’abord, nous avons deux volets pour l’organisation de la lutte contre la Covid-19 à Anjouan. Le volet hospitalier consacré pour l’hospitalisation des patients symptomatique, qui demande une transfusion et une assistance régulière et asymptomatique pour les personnes dont on parle très souvent des porteurs sains. En second, le volet communautaire, nous avons mis 7 comités pour 7 districts sanitaires. Chaque comité est composé d’un laborantin, de deux infirmiers et des agents de santé de croix rouge, plus d’un superviseur du centre de Bambao Mtsanga. Ce dernier, son rôle est d’envoyer les informations au niveau du central afin de nous faire parvenir l’évolution des investigations et si entre-temps, il y a des personnes qui représentent des symptômes du covid-19. Cette équipe inclue également en elle-même, une équipe d’intervention rapide chargé de faire la sensibilisation pour le port des masques, la distanciation sociale, le lavage de mains et le comportement à adapter pour l’entourage des contaminés. Elle se charge également à la désinfection domiciliaire et aux suivis des contacts afin d’arrêter la chaine de transmission. Une fois sur le terrain, nous donnons une fiche de journal pour les instructions, cela va permettre de faire le lien des contacts avec le sujet en question, c'est-à-dire le contact tracing. Pour les personnes qui ne savent pas lire, les agents de croix rouge s’en chargent de faire la prise de température, regarder s’ils n’ont pas d’essoufflement ou de la fièvre.

 

Question: Rencontriez-vous des problèmes sur le terrain ?

 

A.M: Nous essayons d’assurer les familles et l’entourage des patients, même si vous savez que ce n’est pas toujours facile dans la communauté comorienne. Ce qui est important aujourd’hui est de faire comprendre à l’entourage que cette maladie est comme tous les épidémies, en se protégeant, nous protégeons les autres.

 

Question : Utilisez- vous du Covid-Organics pour soigner les malades ?

 

A.M: Nous utilisons le protocole de traitement décidé par le comité scientifique à savoir l’Artequick, l’Azitromicine, Plaquenine… En tout, nous avons des bons résultats. Ces derniers jours, il y a eu 14 patients guéris du covid-19 et jusque là, l’état de malades de Bambao Mtsanga s’améliore nettement. Et pour revenir sur votre question, nous avons reçu 300 doses de Covid-Organics Tambavy que nous allons remettre à ceux qui sont en premier ligne sur ce combat.

 

Question : Au niveau de la prise en charge des malades, avez-vous signalés des impacts ?

A.M : Non, jusque là, tout se déroule comme prévu. Comme vous le savez, certainement, l’Etat s’est engagé sur ce combat. Il n’y a pas de frais d’hospitalisation et pour éviter une quelconque contamination entre les patients et l’extérieur, un service de restauration gratuite de trois fois par jour est mis en disposition des patients du Covid-19.

 

Question : Nous parlons de plus d’hommes que de femmes positives sur le Coronavirus. Avez-vous une explication concernant ce phénomène ?

 

A.M : Nous ne pouvons pas nous prononcer ou donner un diagnostic ou des explications exactes par rapport à cela. Nous apprenons chaque jour de cette maladie.

 

Un dernier mot ?

 

A.M : Je dirai que cette maladie nous montre combien la solidarité prime. L’argent, les infrastructures ne sont rien. C’est une leçon que tout le monde doit prendre en compte. Les grands pays comme la France, l’Amérique, la Russie et autres, sont tous à genoux. La solution que nous avons est le renforcement des gestes de barrières.

 

Propos recueillis par Andjouza Abouheir

 

 


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