Une semaine après le retour des pèlerins comoriens, le Dr Mbechezi Mohamed Soihiri, membre de la commission santé de l'agence nationale du Hadj et de l’Oumra a dressé un bilan globalement satisfaisant de la mission médicale en Arabie saoudite. Il salue une nette amélioration de la coordination, l'efficacité des équipes médicales comoriennes sur place, ainsi qu’une collaboration inédite avec plusieurs établissements hospitaliers saoudiens.
« Avant le départ des pèlerins depuis Moroni, nous avons consulté plus de 50% d’entre eux », révèle le Dr Mbechezi Mohamed Soihiri. Précisant que : « 25% des pèlerins ont découvert une pathologie qu’ils ignoraient totalement », d’où la nécessité de faire des examens médicaux préalables. Cette année, la mission médicale s’est améliorée sensiblement par rapport aux éditions précédentes. « Nous avons eu la chance de collaborer avec la clinique privée Al-Ahmene d’Arabie Saoudite », indique-t-il. « Pour la première fois, tous les hôpitaux saoudiens ont accepté d'accueillir nos patients en cas de besoin », ajoute-t-il avec satisfaction, qualifiant cette évolution « d’inédite jusqu'à présent ».
Le dispositif médical comorien s’est étendu à tous les lieux sacrés à savoir Médine, La Mecque, Arafat et Mina. « Nous avons installé trois bureaux distincts : un pour la consultation, un pour l’hospitalisation et un autre pour l’isolement des cas nécessitant une transfusion », précise le docteur. « Nous étions disponibles à toute heure, même à 2 heures du matin, nous recevions des patients », affirme-t-il. Au total, près de 370 pèlerins ont consulté la mission médicale, sans compter les visites non programmées effectuées dans les chambres. Concernant les pathologies dominantes, le Dr Mbechezi observe : « Nous avons surtout traité des cas de maladies respiratoires, de paludisme et d’asthme. Grâce aux équipements fournis par le ministère de la santé, nous avons pu administrer de l’oxygène et gérer les complications digestives et abdominales. » Il a tenu à saluer le ministère pour son soutien logistique.
Sur le plan alimentaire, le médecin se félicite des résultats : « Certes, la diarrhée est une problématique récurrente du Hadj, mais cette année, les pèlerins nous ont écouté. Les cas ont nettement diminué par rapport aux éditions précédentes. » Côté hospitalisations, vingt cas ont été enregistrés à la Mecque dont quatre graves. « Grâce aux efforts de la direction générale de l’Agence du Hadj, nous avons pu gérer efficacement ces situations », précise-t-il. Selon lui, «tous les pèlerins sont rentrés au pays, aucun malade n’a été laissé sur place, ce qui représente une vraie réussite ». Pour l’avenir, il recommande de rendre obligatoire les consultations médicales avant le départ. « Cela permet d’anticiper les problèmes de santé et d’informer les pèlerins sur leur état. » Il appelle également à renforcer les partenariats entre l’Agence nationale du Hadj et les hôpitaux saoudiens, condition essentielle selon lui pour améliorer davantage la qualité des soins pour les années à venir.
Ibnou M. Abdou
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