La Gazette

des Comores

Grève au CHN El-Maarouf : Une médiation de la dernière chance

Grève au CHN El-Maarouf : Une médiation de la dernière chance © : HZK-LGDC

Dans une atmosphère de tension, arborant des tissus rouges au front et au poignet, symbole de leur combat, le collectif des grévistes du CHN El-Maarouf a tenu un point de presse décisif ce début de semaine. Entre dénonciations de corruption et constat d’incompétence notoire, ils durcissaient le ton contre une administration qu’ils jugent sourde et déconnectée.


Prenant la parole avec une fermeté sans équivoque, le porte-parole du collectif Zainoudine Ahmada, a dressé un réquisitoire implacable contre la direction. Outre leurs revendications légitimes, figurent deux conditions au cœur du problème : une exigence de transparence totale et la demande d'un budget de fonctionnement pour chaque service dans le but d'exercer au mieux leur travail. Zainoudine y dénonçait un système de corruption généralisé : agents fantômes, employés absents mais rémunérés, stagiaires payés avant même la signature de leur contrat. Pendant ce temps, des contractuels cumulant 20 ans de service ne sont toujours pas intégrés à la fonction publique, menacés de finir leur vie sans aucune retraite. Malgré les injonctions précédentes du procureur et les notes menaçant de licenciement immédiat, ces paramédicaux affirment leur détermination à continuer le combat jusqu'à obtenir gain de cause. Rappelant le code du travail et les conventions internationales ratifiées par l'État sur le droit des employés et la sécurité au travail, les grévistes exigent l'application stricte du principe « à diplôme égal, salaire égal ». Ils se disent prêts au sacrifice pour que leurs successeurs n'aient plus à subir le même sort.

 

Face à cette situation, une assemblée générale du syndicat national des médecins comoriens (SYNAMEC) s'est tenue le 25 mars dernier. Dressant un constat alarmant d'une crise qui paralyse le principal hôpital du pays depuis bientôt un mois, suite au mouvement de grève des contractuels. Les médecins, membres du Syndicat, dénoncent une situation intenable où les rares praticiens fonctionnaires, proches du burnout, tentent de pallier l'absence de leurs collègues contractuels en grève. Tout en reconnaissant la légitimité des revendications sociales, le syndicat pointe du doigt une faille structurelle : l'absence de conseil d'administration au sein de l'établissement depuis 2016, ce qui favorise, selon eux, ce genre de dysfonctionnements, des licenciements abusifs et une gestion opaque des ressources humaines, menant à une dégradation des soins.

 

Le SYNAMEC prône désormais une médiation tripartite entre l'État, la direction hospitalière du CHN et les grévistes. Une lettre officielle du syndicat a déjà été adressée au secrétariat général du ministère de la Santé et au SGG, expliquant la situation précaire, espérant accélérer les négociations pour trouver au plus vite “une porte de sortie”. Le Dr Nizar Ahamada, secrétaire général du SYNAMEC, a déclaré : « Il est impératif de trouver une issue conventionnelle aux ultimatums du collectif afin de stabiliser le système de soins pour le bien-être des citoyens. J’appelle tous les médecins à s'unir afin qu'ensemble nous puissions améliorer le système de santé du pays. » Au moment où nous écrivons ces lignes, des discussions sont en cours entre les autorités et les représentants des grévistes afin de résoudre le conflit, selon des sources concordantes.

 

Hamdi Abdillahi Rahilie

 

 

 


Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.