La Gazette

des Comores

Deux étudiants venus de Chine ont échappé à la quarantaine

Deux étudiants venus de Chine ont échappé à la quarantaine © : HZK-LGDC

Arrivés depuis le 2 mars aux Comores avec Kenya Airways, deux ressortissants comoriens basés en Chine ont rejoint leurs familles sans avoir passé les 14 jours de confinement nécessaires. Les agents sanitaires placés aux frontières ont fermé les yeux parce que ces deux compatriotes ont passé dix-neuf jours en Malaisie. Problème, ce pays est affecté par le virus. En janvier, au moins neuf autres étudiants également venus de Chine, étaient laissés rentrer dans leurs localités sans mesure sérieuse.


Ils sont âgés de 24 et 27 ans. Tous les deux sont originaires de Ntsudjini, au nord-est à quelques encablures de Moroni. Ils sont venus de Chine, transitant par la Malaisie, pays qu’ils ont quitté le 1er mars pour arriver à Moroni le lendemain à bord de la compagnie Kenya Airways. Sur le territoire, les deux compatriotes ont pu entrer sans ambages puisqu’ils ont échappé à la mise en quarantaine, obligatoire pour chaque passager venant d’un pays affecté par le fameux virus.

Au mois de janvier, La Gazette avait révélé l’arrivée à Moroni d’au moins neuf étudiants venus de Chine sans aucune mesure de restrictions à partir de l’aéroport. Mais à l’époque, les autorités n’avaient pas encore pris le problème à bras-le-corps. Depuis, des mesures de contrôle sont mises en place et un communiqué conjoint des ministères des transports et de la Santé a interdit l’arrivé des passagers en provenance d’un pays affecté, à moins d’avoir passé les deux semaines de quarantaine dans un pays non affecté.

Ce qui n’est pas le cas de nos deux compatriotes arrivés le 2 mars. Ils ont certes passé plus de deux semaines en Malaisie. Un séjour qui aurait pu être concluant si et seulement si le pays n’était pas concerné par l’épidémie et non la Malaisie qui compte 29 personnes contaminées. N’en déplaise, le ministère de la santé à travers le service épidémiologique se veut rassurant quant à ce séjour d’entre le 10 février au 1er mars en terre malaisienne.

Malgré les annonces pompeuses quasiment quotidiennes des autorités sanitaires, la réalité sur le terrain désespère. Selon des confrères d’Al-watwan qui ont contacté diffèrent responsables, le comité chargé du contrôle aux frontières fend l’armure, avouant qu’il « ne peut pas » prendre en charge tous les passagers arrivés de pays affectés. « Le virus est en Chine. Mais aussi en France » où est basée la majeure partie de la diaspora comorienne. Maintenant qu’aucun cas n’est encore signalé, nous n’avons qu’à croiser les doigts. Le cas échéant, nous n’aurons que nos yeux pour pleurer.

Andjouza Abouheir

 

 


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