La Gazette

des Comores

Clôture du 4e colloque régional sur le VIH-SIDA : Plaidoyer pour un financement durable

Clôture du 4e colloque régional sur le VIH-SIDA : Plaidoyer pour un financement durable © : HZK-LGDC

Les Comores accueillent pour la quatrième fois le colloque contre le VIH, un rendez-vous crucial pour faire le point sur la situation et dégager des perspectives pour améliorer la lutte contre cette maladie. Cette année, le thème choisi est « Financement durable et mutualisation des ressources pour une prise en charge intégrée ». Pourtant, force est de constater que les stratégies mises en place pour le programme national de lutte contre le VIH sont loin d'être efficaces, faute de de ressources et de partenariat.


Le constat est alarmant : augmentation des cas positifs, manque de finances et de ressources logistique, humaines et sanitaires. Les participants au colloque contre le VIH-SIDA, issus des îles de l'Océan indien, experts de santé et représentants des structures sanitaires régionales, se sont accordés pour dire que la responsabilité de l'État est engagée. Le programme national de lutte contre le VIH-SIDA est confronté à un manque énorme de financement de la part du gouvernement. Les ressources sont très limitées, et la capacité de prise en charge est indispensable. La dernière crise de Covid-19 en a révélé les défaillances. Pour améliorer la situation, les participants ont suggéré plusieurs pistes. Tout d'abord, il est indispensable de faire un plaidoyer pour convaincre les partenaires potentiels, y compris les autorités locales, de soutenir ce combat contre le VIH. Cela passe par une sensibilisation accrue via des spots vidéo et autres contenus de communication diffusés sur toutes les chaînes publiques des Comores. S'appuyer sur les NTIC et les mass médias pour diffuser des campagnes de sensibilisation ciblée contre ce fléau. En se servant aussi des figures populaires auprès de la jeunesse comme influenceurs. Il est également important d'augmenter les centres de prise en charge, de décentraliser les services dans les différents districts sanitaires et de renforcer les équipes de soins.

 

La délégation des tâches par les acteurs impliqués dans le programme de lutte contre la maladie est également cruciale. « Que tout le monde contribue à l'éducation thérapeutique des patients », a souligné un participant. L'implication des mobilisateurs sociaux et des experts santé pour sensibiliser la population grâce à des groupes de parole auprès des cibles à risque est également indispensable. Les représentants locaux ont également abordé la question du financement. « Il est primordial de rechercher des financements domestiques, par exemple en créant des taxes au niveau territorial sur les hydrocarbures et le tabac », a suggéré le Dr Ahmed Abdourazak, point focal du programme de lutte contre le VIH. Le renouvellement du bénévolat des agents formés pour appuyer les efforts de lutte contre le VIH est également essentiel.

 

Le Dr Nourdine S.A Saindou, médecin référent du VIH à Anjouan, a abordé le parcours patient. Il a souligné l'importance de l'amélioration des méthodologies de dépistage, de prise en charge et de suivi, en brisant surtout les tabous et l'isolement. La confiance des patients est essentielle, et il est crucial de mettre en place un soutien d'accompagnement psychologique et social adapté aux patients. « Les patients vivant avec le VIH aux Comores sont souvent confrontés à la stigmatisation et à la discrimination. Il est essentiel de mettre en place des programmes de soutien pour les aider à gérer leur maladie et à retrouver leur dignité » s'est-il exprimé.

 

« Le nombre de nouveaux cas de VIH est en augmentation, notamment chez les jeunes adultes et les adolescents.» Affirme le Dr Ahmed Abdourazak. Par conséquent, il recommande l'intégration d'un aspect social et psychologique dans la gestion du parcours patient. Il est essentiel d'offrir un soutien moral, une compréhension culturelle de son parcours, son quotidien de patient et de prendre en compte son vécu personnel. Par ailleurs, la lutte contre la stigmatisation des patients atteints est également cruciale. Mr Maoulida du PNLT déclare : «Le sida n'est pas un mythe, il existe et il fait encore des ravages. Il est primordial de changer les mentalités et d'éviter les stigmates !»

 

Les participants ont conscience que l'appui des médias jouent un rôle important dans la sensibilisation contre cette épidémie et la stigmatisation. Il est essentiel de diffuser des messages de sensibilisation et d'information pour aider à changer les mentalités, dans l'optique de faciliter la compréhension et l'acceptation des personnes vivant avec le VIH. La responsabilité de l'État est cruciale pour la réussite de cette lutte, les participants font appel à son implication urgente.

 

Hamdi Abdillahi Rahilie

 

 


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