La Gazette

des Comores

Caravane médicale à El-maarouf : 50 à 100 consultations par jour

Caravane médicale à El-maarouf : 50 à 100 consultations par jour © : HZK-LGDC

Comme convenu, la caravane médicale organisée par l’ambassade de Tanzanie aux Comores en coordination avec le gouvernement comorien se poursuit à l’hôpital El-maarouf. Du 29 novembre au 05 décembre, les 10 spécialistes Tanzaniens reçoivent entre 50 et 100 personnes par jour dans différentes pathologies. L’idée est d’offrir des soins gratuits à une population souvent confrontée à des difficultés d'accès aux spécialistes.


Le Dr Remigius Rugakingira, urologue basé à Dodoma en Tanzanie, partage son expérience. « Je suis très content de l’environnement dans lequel je travaille ici et de l’accueil des Comoriens, même s’il y a une barrière linguistique. La collaboration entre les Comores et la Tanzanie s’est faite pour une bonne cause », précise-t-il. Habitué des missions similaires au Malawi, au Congo et en Zambie, le médecin note que ce type d’initiative a des répercussions durables : « Les malades venant de ces pays continuent de nous consulter dans nos hôpitaux ». Sur place, le Dr Rugakingira a identifié une problématique récurrente appelée les calculs rénaux qui surgissent par une carence d’eau. « Les Comoriens ne boivent pas beaucoup d’eau, alors qu’ils vivent dans un pays très chaud », souligne-t-il. Depuis son arrivée, il a pratiqué plusieurs interventions chirurgicales urgentes et laissé son contact à certains patients pour assurer un suivi. « À n’importe quel moment, ils peuvent me joindre pour faire part de leur évolution ».

Du côté des bénéficiaires, l’initiative est saluée. Nourdine Ahmada, un patient, explique : « J’ai vu circuler l’annonce de l’arrivée de ces médecins sur internet. Je me suis senti obligé de venir consulter puisque ce sont des spécialistes étrangers. Nous avons aimé l’accueil chaleureux qu’ils nous ont réservé et nous avons confiance en leur travail », confie-t-il. Une semaine est insuffisante pour soigner le maximum de personnes, reconnaissent certains patients. « Le temps manque pour traiter un maximum de patients », regrette Nourdine, tout en louant cette opportunité unique pour ceux qui n’ont pas les moyens de se rendre à l’étranger pour des soins spécialisés. « Je conseille à tout le monde de venir consulter au plus vite, car c’est une occasion en or », lance-t-il.

Quant à Mariama Said, elle affirme avoir entendu des amis parler de cette caravane de soins. « Dès que j’ai su que des médecins spécialistes étrangers étaient là, je me suis dit que c’était une chance à ne pas manquer. C’est rare d’avoir ce genre d’opportunité ici », confie celle qui pense qu’il s’agit d’une très belle initiative. Elle ajoute : « Ces médecins sont vraiment compétents et ils nous ont accueillis avec beaucoup de gentillesse. J’ai été impressionné par leur professionnalisme et leur écoute. On sent qu’ils prennent leur travail très au sérieux et qu’ils veulent réellement nous aider. On aimerait que ce genre de mission puisse durer plus longtemps », dit-elle.

« Honnêtement, sans cette mission, je n’aurais pas été capable de me déplacer pour me faire soigner. Déjà une consultation sur place est compliquée n’en parlons pas devoir payer un billet, hôtel et des soins à l’étranger c’est un luxe que je ne pourrais pas me permettre. « Aller consulter à l’étranger, que ce soit en Tanzanie ou ailleurs, c’est beaucoup trop cher pour la majorité d’entre nous. Ici, on a accès à des spécialistes gratuitement, c’est une véritable chance. Sans cette mission, je n’aurais jamais pu être pris en charge de cette manière».

Notons que ces 10 spécialistes reçoivent entre 50 et 100 personnes par jour. Cette caravane des spécialistes de renom provenant de l’Institut de cardiologie Jakaya Kikwete, de l’Institut orthopédique MOI, de l’Hôpital Benjamin Mkapa, de l’Hôpital Muhimbili et de l’Institut du cancer Ocean Road. En étroite collaboration avec leurs homologues comoriens, ces experts traitent une large gamme de pathologies, notamment les maladies cardiaques, rénales, digestives, urinaires et neurologiques, ainsi que certains cas de cancer.

Mohamed Ali Nasra

 


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