Les bénéficiaires à Anjouan du projet portant prévention du cancer du sein et du col de l’utérus mené par l’Accf et financé par l’Oms se disent toutes satisfaites de cette action. Elles ont pris conscience des gestes que chaque femme doit adopter dans son quotidien pour préserver sa santé.
Après six mois sur le terrain dans le cadre du projet « mise à l’échelle des activités de prévention des cancers du sein et du col de l’utérus en un Union des Comores », porté par l’Association comorienne contre le cancer chez la femme (ACCF) et financé par l’Oms, une équipe de l’organisation onusienne en appui avec le ministère de la santé a mené un travail de supervision et d’évaluation à Anjouan. A Ouani, l’équipe a rencontré quelques bénéficiaires dudit projet qui ont suivi les recommandations et guide pour se préserver contre les cancers gynécologiques. L’idée de cette campagne de sensibilisation sur le terrain était justement de conscientiser la communauté sur le risque de cette maladie qui ne cesse de prendre de l’ampleur dans le pays.
Rencontrée dans sa maison en présence de son époux, l’une des bénéficiaires Mrahati Adinani a expliqué qu’elle connaissait les risques de cancer mais l’idée de faire la mammographie était une autre paire de manches, à cause des moyens financiers précaires. « Je suis allée à la consultation grâce à la réduction des tarifs, et j’en profite pour saluer l’ACCF et l’Oms. Depuis, je fais l’autopalpation chaque jour afin d’éviter tout risque de cette pathologie. L’ACCF m’a tellement encouragée » a-t-elle confié. Même son de cloche que son mari lequel estime que tout le monde aimerait se faire consulter mais le problème reste le suivi et la prise en charge qui demandent des moyens conséquents. « Je suis retraité, je gagne à peu près 100.000 KMF avec un enfant qui étudie à l’extérieur. Ce n’est pas facile. On préfère rester à la maison que d’aller consulter pour éviter le stress d’une prise en charge qui demande des moyens financiers colossaux. Le gouvernement doit faire quelque chose, car c’est de cette manière que nous allons pouvoir lutter contre les maladies dans ce pays ».
De son côté, la célèbre chanteuse Foudhoyla Chaffi a expliqué qu’au cours des réunions de Banati Lhariya (un orchestre musical, NDLR), des membres de l’ACCF sont intervenues pour sensibiliser sur les cancers gynécologiques. « À chaque fois qu’Octobre Rose approche, tout le monde craint le pire. Je me faisais beaucoup de soucis pendant l’autopalpation, et je me suis faite dépister avant la campagne Octobre Rose. Je m’auto-palpe tous les jours. Quant au frottis, je l’ai fait à Dar-es-Salam », souligne-t-elle, avant d’insister sur le manque de moyens qui freinent celles qui aimeraient se faire dépister : « Ce sont des femmes démunies. Donc, je demande qu’on revoie le prix à la baisse. Comme ce fut le cas lors de la campagne Octobre Rose, on pouvait payer à 5000fc vers la fin [de la campagne]. Même avec ce coût, c’est très cher pour certaines femmes » a-t-elle déploré, tout en appelant le ministère de la santé à réfléchir sur comment accompagner les deux autres îles à bénéficier de la mammographie qui sera mise en place bientôt au CHN El-maarouf, à Moroni. « Les autorités sanitaires doivent prendre en compte que le déplacement à Ngazidja est coûteux. Je préconiserais que l’État prenne en charge les déplacements comme les evasan à l’étranger ».
Rappelons que l’association a réussi à sensibiliser plus de 3000 personnes avec 50 causeries sur toute l’étendue du territoire national. Cette prévention des cancers du sein intègre un complément des habitudes de vie, un dépistage tous les deux ans pour les femmes de 50 ans et plus. L’idée est de se diagnostiquer tôt, car cela favorise les chances de la guérison.
Andjouza Abouheir
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