Le ministère de la santé a convoqué au mois de janvier le Dr Said Ahamada Moustoifa, célèbre sous le nom de Dr Kamal, propriétaire d’une clinique privée sise à Zilimadjuu au Sud de la capitale, où sont admis des patients covid-19, alors qu’il n’est « ni outillé ni habilité » à faire face à ce genre de situation.
Le constat du ministère de la Santé est inquiétant : beaucoup de patients admis à l’hôpital de Samba dans un état critique étaient d’abord en transit dans des cliniques privées. Cet hôpital qui se trouve à Zilimadjuu est particulièrement pointé du doigt. Son patron, le Dr Said Ahamada Moustoifa, célèbre sous le nom de Dr Kamal, a été convoqué au mois de janvier au ministère de la Santé après que les différentes dénonciations ont alerté les autorités. Le diabétologue qui n’est « ni habilité ni outillé » à prendre en charge les malades de coronavirus dans sa clinique s’est fait tirer les oreilles ce soir-là.
Contacté par nos soins, le secrétaire général du ministère de la Santé, Jean Youssouf a confirmé cette convocation. « Nous l’avons formellement interdit de prendre en charge des sujets covid-19 », nous a rapporté celui pour qui le ministère de la Santé va réglementer certaines choses « pour recadrer les médecins à ne plus commettre des erreurs pareilles ». Des erreurs ? C’est peu dire qu’il s’agit ici d’une atténuation au regard des « conséquences dramatiques » liées à ces prises en charge et que personne ne souhaite en parler à visage découvert.
Dans un reportage réalisé à l’hôpital de Samba par nos confrères d’Al-watwan, cette catégorie de patients sont appelés « des cadavres en dépôt (Sic) ». En effet, les soignants constatent que beaucoup de patients qui décèdent étaient d’abord dans des cliniques privées et ne sont admis dans ce site de prise en charge « que trop tard ». Contacté via la messagerie WhatsApp, le Dr Kamal qui se trouve à l’étranger n’a pas souhaité s’entretenir avec nous, préférant nous renvoyer vers ses collègues.
Andjouza Abouheir
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