La Gazette

des Comores

Alerte sanitaire : La souche "Andes" de l'hantavirus détectée en France

Alerte sanitaire : La souche © : HZK-LGDC

Alors que l’épidémie de mpox pèse toujours sur notre archipel, une nouvelle alerte sanitaire vient de surgir. Il s'agit du Hantavirus. Un navire de croisière, actuellement immobilisé sous une quarantaine stricte aux îles Canaries, fait face à une propagation de ce virus, ayant déjà coûté la vie à trois passagers. La confirmation d'un cas positif en France a été annoncée. Mais quelle est la nature exacte de cette maladie et quels sont les moyens de s'en prémunir ?


Aux Comores, cette actualité résonne comme un avertissement. Elle ravive une frustration systémique : celle d'une gestion de crise réactive plutôt que proactive. Dans un pays où l'on attend souvent que le virus soit sur le territoire pour s'alarmer, l'absence de dispositifs de prévention permanents à nos frontières maritimes et aériennes est une grande faille. Par conséquent, l'information devient alors la première ligne de défense comme prévention. Mais inutile de paniquer, les experts précisent que ce n’est ni le début d’une épidémie, ni celui d’une pandémie. Que représente ce virus ? Le hantavirus est une maladie zoonotique, transmise par les rongeurs. Si la plupart des souches restent confinées à l'animal, la souche Andes, identifiée récemment à bord dudit paquebot MV Hondius circulant dans l'Atlantique Sud, inquiète particulièrement l’OMS. Sa spécificité réside dans sa capacité rare et redoutable à se transmettre d’humain à humain lors de contacts étroits.

 

Le danger, dans sa discrétion : cette maladie s’attrape principalement en inhalant des poussières contaminées par l’urine ou la salive de rongeurs, ou en touchant une surface souillée. Une fois dans l'organisme, il peut rester silencieux pendant une période d'incubation allant de une à huit semaines. Vis-à-vis de cette situation, l'un des plus grands défis pour la population comorienne sera de ne pas se laisser induire en erreur, car avec ses symptômes, on se croirait attraper une grippe saisonnière ou un début de Covid-19. En effet, les premiers signes peuvent porter à confusion : fièvre brutale, fatigue intense, douleurs musculaires et troubles digestifs. Pourtant, le basculement est brutal. Après cinq jours, une phase critique s'installe, marquée par une toux persistante et une détresse respiratoire sévère. À ce stade, le virus peut être fatal en provoquant une fuite de liquide dans les poumons.

 

À savoir qu'il n'existe ni traitement antiviral, ni vaccin homologué pour prévenir ou guérir l'infection suite à cette maladie. La sécurité repose donc exclusivement sur l’hygiène rigoureuse de notre habitat, il est donc impératif de stocker systématiquement nos denrées alimentaires dans des récipients hermétiques, de boucher soigneusement chaque fissure ou trou dans nos habitations pouvant servir de passage aux rongeurs, privilégier l'arrosage des surfaces avec de l’eau javellisée avant de frotter lors du nettoyage ménager, tout en portant impérativement un masque de protection et en veillant à se laver les mains minutieusement après. Un rapatriement sanitaire d’urgence a été organisé dimanche pour cinq ressortissants français se trouvant à bord d’un navire touché par un foyer de hantavirus. L’un des passagers ayant présenté des symptômes durant le vol, le groupe a été immédiatement pris en charge et placé sous surveillance médicale dans un service spécialisé. À ce stade, 22 cas contacts et un cas positif ont été recensés en France, tous soumis à un isolement strict.

 

Si la menace semble encore lointaine pour notre pays, cette nouvelle détection rappelle que la mondialisation transcende les frontières. Notons que le monde est désormais tel un "village global" où, comme le souligne Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l'OMS : « la meilleure immunité que nous ayons tous est la solidarité». Ce dernier s'est d'ailleurs rendu personnellement à Tenerife pour soutenir la coordination avec le gouvernement espagnol et assurer le débarquement sécurisé des passagers. Sachant que c'est bientôt les vacances d'été, serait-il pas judicieux de déployer une équipe de veille sanitaire permanente aux ports de Moroni, Mutsamudu, Mohéli et dans nos aéroports afin de nous éviter le pire ?

 

Hamdi Abdillahi Rahilie

 


Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.