Avec les chiffres en possessions des acteurs impliqués dans la lutte contre le coronavirus, difficile d’envisager une réinstauration des mesures de restriction.
Devant la presse lundi 18 janvier dernier, le Dr Djabir Ibrahim, membre du comité de prise en charge du coronavirus est revenu sur les dispositions prises par le gouvernement pour freiner cette deuxième vague de la Covid-19. « Aujourd’hui, nous avons des kits qui nous permettent d’avoir les résultats très rapidement. Quant à la prise en charge, le pays utilise le même protocole que celui du docteur Raoult », souligne-t-il. Compte tenu de l’admission en masse des cas positifs à l’hôpital de Samba, certaines personnes asymptomatiques sont isolées chez eux pour éviter un débordement. 2 à 3 équipes sont sur le terrain pour assurer le suivi à domicile de ces sujets mais également pour sensibiliser leurs proches. « Chaque jour, ils font de prise de température et on leur donne des médicaments », devait faire savoir une collègue de Dr Djabir.
Parmi les problèmes rencontrés, le docteur Djabir note la lenteur des résultats du dépistage Covid-19 au niveau du laboratoire d’El-Maarouf. « Le gouvernement a doté ce laboratoire de tout le matériel de diagnostic. Je ne comprends toujours pas pourquoi nous ne faisions pas le nécessaire pour travailler à un temps raisonnable », s’autocritique ce chef du service des urgences du même centre hospitalier.
Et pour lutter contre la Covid-19 dans le pays, la coordinatrice de la lutte contre la Covid-19 au niveau de Ngazidja fait savoir que pour la récupération des résultats, deux tentes ont été installées au Projet palu afin d’éviter l’encombrement mais des fois, le flux est difficilement gérable. « Dans la matinée, nous libérons les personnes négatives en premier. Mais des fois, on fait face à un afflux de personnes et nous avons du mal à gérer. Nous faisions appel aux forces de l’ordre pour éviter les altercations », devait regretter le docteur Armia, avant de rajouter que « il est vrai que le délai d’attente des résultats est long mais ce qui est important est de prendre les dispositions nécessaires pour se protéger et éviter de contaminer les autres ».
De son côté, le secrétaire général du ministère de la santé Jean Youssouf dit que le ministère est conscient du problème et fait le nécessaire pour y remédier au plus vite. « Plusieurs solutions ont été proposées par les spécialistes afin de protéger également le personnel soignant. En attendant, nous avons renforcé les agents du côté du service de prélèvement, ce qui a permis de soulager le personnel ».
Interrogé sur la question de la réinstauration des mesures de restriction au niveau de Ngazidja, le Dr Djabir a rappelé que les décisions sur les mesures à entreprendre ont toujours été en concertation avec le Comité scientifique. Il indique par la même occasion que 80% des porteurs du virus sont asymptomatiques. « Toutefois, nous allons nous revoir en conseil-interministériel. Nous ferons le point sur cette décision mais pour l’instant, nous n’en sommes pas encore là ».
Andjouza Abouheir
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