L'Organisation mondiale de la santé en collaboration avec l'Université des Comores et le ministère de la santé, a récemment organisé un atelier de formation sur la résistance aux antimicrobiens (RAM) à l'intention des professionnels de presse. Celle-ci s'est tenue à l'Hôtel Retaj le 2 décembre, rassemblant une dizaine de journalistes, désormais formés sur les implications de ce problème sanitaire majeur. Les formateurs espèrent qu'après cet échange, les médias continueront à jouer un rôle actif dans la sensibilisation du public et contribueront à protéger la santé de la population comorienne.
Pendant deux heures, quatre formateurs, dont des enseignants, un entomologiste et des médecins ont animé ce séminaire, présentant les aspects clés de la résistance aux antimicrobiens et les moyens de sensibiliser la population à ce problème. L'objectif était de doter les professionnels des médias de connaissances leur permettant de comprendre les enjeux liés à la résistance aux antimicrobiens. Presse écrite, radio, média Web et télévision nationale, une dizaine de journalistes tous médias confondus, ont assisté à cette formation. La RAM est un phénomène inquiétant qui compromet l'efficacité des traitements antibiotiques en cas de maladie. Lorsque les bactéries deviennent résistantes aux antimicrobiens, les traitements deviennent inefficaces, laissant les patients vulnérables face à des infections qui peuvent mettre leur vie en danger.
198 États ont pris l'initiative de ce combat. En Afrique, la résistance aux antimicrobiens est responsable de plus d'un million de morts, avec un taux de mortalité de 99 décès pour 100 000 habitants. Par ailleurs, des recherches ont été menées pour mieux comprendre l'ampleur du problème, notamment sur des produits de consommation alimentaire. Ces études visent à identifier les sources potentielles de contamination et à développer des stratégies pour prévenir la propagation de la résistance aux antimicrobiens. Les journalistes ont enrichi leurs connaissances et ont acquis une meilleure compréhension de la résistance aux antimicrobiens. Cela leur permettra d’aborder ce sujet complexe de manière efficace et de transmettre des informations exactes et pertinentes à leur audience.
Dr Ahamada Msa Mliva, qui représentait l'OMS, a pris la parole en premier, expliquant : « Il est urgent de sensibiliser la population comorienne aux risques liés à la résistance aux antimicrobiens. La situation peut devenir encore plus grave lorsque les infections résistantes aux antimicrobiens se propagent, mettant en danger la santé publique. » Outre le fait de compromettre les progrès de la médecine moderne, cette problématique menace également la production alimentaire et l'économie mondiale. D'ici 2050, il se pourrait que les experts ne soient plus capables de traiter des pathologies parasitaires. D'ailleurs, il y a eu récemment la journée mondiale de sensibilisation à l'utilisation responsable des antibiotiques. Ceci pendant une semaine du 17 au 23 novembre.
La résistance aux antimicrobiens est causée par l'usage abusif et non responsable des antimicrobiens chez l'homme et les animaux. L'automédication et le non-respect au dosage des prescriptions sont également des facteurs qui y contribuent. Dr Abeid Said Nassor, spécialiste généticien, a rappelé que “ Seuls les médecins, experts et professionnels de santé sont aptes à prescrire le bon traitement antibiotique quand c'est nécessaire ”. Boinahadji A. Karihila, entomologiste et enseignant-chercheur de l'UDC en production animale, a souligné quant à lui la transmission des microbes entre les animaux et les humains. Par conséquent, les vétérinaires, les agriculteurs ainsi que les fermiers doivent eux aussi être vigilants.
D'après le laboratin Dini Soulé, beaucoup d'infections sont constatés dans les centres hospitaliers et les laboratoires, notamment celui du CHN El-Maarouf. Il a évoqué le rôle du laboratoire dans la gestion puis le contrôle centralisé de la RAM, à savoir sur les analyses de confirmation ou d'infirmation des sources et causes infectieuses. Sensibiliser nos communautés aux risques de la résistance aux antimicrobiens est donc une priorité absolue, d'où la prise des mesures de la part des autorités sanitaires pour prévenir les maladies et protéger la santé publique. Dans ce sens, une loi serait en cours de procédure à l'assemblée nationale concernant l'élevage, selon l'enseignant à l'université des Comores Said Hassane Mohamed, point focal pour la résistance aux antimicrobiens.
Hamdi Abdillahi Rahilie (Stagiaire)
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