La Gazette

des Comores

Évaluation des cycles électoraux 2023-2025 : Un séminaire pour corriger les insuffisances

Évaluation des cycles électoraux 2023-2025 : Un séminaire pour corriger les insuffisances © : HZK-LGDC

Le gouvernement comorien, à travers le ministère de l’intérieur, en collaboration avec la Commission de l’océan Indien, organise du 14 au 16 avril à Moroni un séminaire consacré à l’évaluation des cycles électoraux 2023-2025. Réunissant des acteurs politiques issus aussi bien de la majorité que de l’opposition et des représentants de la société civile, cette rencontre vise à mener une évaluation approfondie, objective et constructive des processus électoraux.


L’objectif est d’élaborer une feuille de route en vue d’améliorer l’organisation des prochaines échéances électorales. Comme l’explique le directeur des élections Mbae Toimimou, les évaluations se font à la fin de chaque cycle électoral. « Nous sommes réunis ici pour examiner les différents rapports rédigés par l’ensemble des acteurs politiques et les organes de la société civile. Dans ces rapports, nous essayons d’identifier les points faibles relevés, mais aussi les points forts, et surtout les recommandations formulées afin d’améliorer l’organisation des futures élections », a-t-il souligné. Selon lui, certains membres de l’opposition ont répondu présents tandis que d’autres ne l’ont pas encore fait. « En tout cas, nous avons trois jours d’échanges, ils peuvent toujours venir. Ils sont sollicités, et nous ne pouvons que remercier ceux qui ont accepté de participer », a-t-il ajouté.

En sa qualité d’ambassadrice, conseillère diplomatique et officier permanent de liaison auprès de la COI, Fatima Alfeine a souligné que cet exercice est essentiel pour poser ensemble les bases d’une administration électorale plus solide, plus transparente et plus inclusive. Elle a ajouté que cet engagement s’inscrit dans les objectifs du projet régional Gouvernance, Paix et Stabilité (GPS) de la COI, financé par l’Agence française de développement. Ce projet a permis de renforcer la coopération régionale en matière de gouvernance électorale, notamment à travers la création du Réseau électoral de l’océan Indien, regroupant les organes de gestion des élections des Comores, de Madagascar, des Seychelles et de Maurice. Ce réseau favorise le partage d’expériences, la mutualisation des bonnes pratiques et l’organisation de formations conjointes. « Les objectifs sont ambitieux mais indispensables : réaliser une analyse approfondie et consensuelle des cycles électoraux 2023-2025, formuler des recommandations opérationnelles et priorisées pour améliorer la transparence, l’inclusivité et la crédibilité des futurs scrutins, et initier un plan pluriannuel de renforcement des capacités à l’horizon 2029-2030 », a-t-elle précisé.

De son côté, l’ambassadeur de France auprès de l’Union des Comores, Étienne Chapon, a salué l’initiative. « La France tient à souligner l’importance de la COI en tant qu’acteur régional de proximité engagé en faveur de la gouvernance démocratique, de la paix et de la stabilité. La COI intervient ici comme partenaire technique et facilitateur, avec la neutralité et l’impartialité qui s’imposent, pour rassembler les évaluations existantes, identifier les forces et les faiblesses et proposer des recommandations opérationnelles », a-t-il déclaré. Il a également assuré que la France renouvelle son soutien à la COI et aux autorités comoriennes dans cette démarche. « Nous restons disponibles pour appuyer, dans le respect de l’appropriation nationale et de la neutralité, les actions qui permettront de consolider les institutions et d’améliorer durablement la qualité des processus électoraux ».

Quant au ministre de l’intérieur chargé des élections, Mohamed Ahmed Assoumani, il a rappelé que les élections présidentielles et des gouverneurs de 2024, ainsi que les législatives et municipales de 2025, ont permis des avancées notables, mais ont également révélé un certain nombre de défis et d’insuffisances sur les plans juridique et organisationnel. « C’est précisément dans cet esprit de lucidité et de responsabilité que nous avons souhaité organiser ce séminaire, sur instructions du chef de l’État Azali Assoumani, en vue de consolider davantage la paix et la stabilité à travers un système électoral fiable et durable », a-t-il précisé.

Et de poursuivre : « Les travaux de ce séminaire devront nous permettre de tirer des enseignements afin de renforcer notre système électoral sur les plans juridique, institutionnel, opérationnel et financier. Cela implique notamment d’améliorer la préparation des scrutins, en particulier les mesures préélectorales conformément aux textes, tout en garantissant une meilleure planification et coordination entre les différents acteurs. Ensemble, nous avons le devoir de bâtir un système électoral plus fiable, plus transparent et plus apaisé, au service de la stabilité de nos institutions et d’une alternance crédible pour le développement de notre pays ».

Nassuf Ben Amad

 


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