La cour suprême sort du mutisme 48h après la dispersion violente par la police anti-émeute des élus qui ont voulu remettre, semble-t-il, un mémorandum au président de la haute juridiction. Dans un communiqué publié par le tout nouveau directeur de cabinet de l'institution, la cour suprême confirme avoir reçu le courrier de ces élus.
La cour suprême tente de jouer à l’apaisement après l'épisode du samedi qui a vu des élus bousculés par la police anti-émeute sur l'esplanade de l'institution qui se situe à la sortie sud de la capitale. Dans un communiqué publié par Mohamed Cheikh Charif Abdallah nouvellement promu directeur de cabinet de la cour suprême, on affirme que le député Tocha Djohar a été accueillit hier, lundi par les services compétents de la cour au moment de déposer le courrier à l'origine des échauffourées.
Dans ce communiqué signé par ce journaliste de formation et ancien secrétaire général du ministère de l'intérieur, il revient dans le fil des événements, tentant ainsi de rejeter toute responsabilité dans le débordement de la situation. « Dans la matinée du samedi 05 mai dernier, quatre députés de l'opposition, accompagnés d'un conseiller de l'île de Ngazidja, se sont rendus au siège de la cour suprême pour, semble-t-il, déposer une lettre et un mémorandum destinés au président de cette haute juridiction nationale. Passant outre le respect de normes qui régissent les institutions comoriennes, ces députés n'ont informé personne, ni verbalement, ni par un rendez-vous auprès des autorités précitées », lit-on dans le communiqué.
Rappelant les deux formes, semble-t-il, de dépôt d'un tel courrier – soit par un cahier de transmission – soit en main propre. « Au lieu de cette procédure, nos honorables députés, une fois sur l'esplanade de l'institution, ont forcé l'entrée. Les agents assurant la sécurité de l'établissement, les en ont interdits », a-t-on expliqué. Avant de poursuivre : « toutefois, ces même agents leur ont supplié de désigner l'un d'eux pour déposer lesdits documents, mais ils ont opposé un refus catégorique ».
Pour rappel, dans un communiqué publié le jour-même de ces incidents, ces élus avaient sorti un communiqué de presse dénonçant outre la brutalité policière dont ils disent faire l'objet, ils ont aussi déploré l'inaction supposée de la haute juridiction face à cette scène. Des élus qui ont condamné « la passivité des Conseillers à la Cour Suprême qui ont observé la scène sans intervenir. Cette attitude laisse peu d’espoir sur l’impartialité et l’indépendance de cette institution qui accepte sans rechigner d’assumer illégalement les compétences de la Cour Constitutionnelle. Ce qui laisse présager un avenir sombre pour le scrutin référendaire annoncé ».
Maoulida Mbaé
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