Dans la traditionnelle présentation des vœux au chef de l'État, les journalistes ont plaidé pour la création d'un fonds autonome d'appui aux médias, sollicitant à nouveau de publier le décret portant création de la carte professionnelle. Le président de la République évoquant l'importance de la liberté d'expression dans toute démocratie.
« Les journalistes vivent mal, les médias publics et privés aussi – précarité permanente – statut peu clair des journalistes, compétences limitées (…) les médias privés surtout et même ceux du service public font face à d'innombrables difficultés », a d'emblée déclaré Hadidja Charifou dans son discours prononcé au nom de la profession.
La directrice de l'Ortn a plaidé pour la création d'un fonds autonome d'appui aux médias, pouvant permettre « non seulement d'accompagner les médias à jouer leur rôle de gardiens de la démocratie. Mais surtout, il deviendra un instrument efficace devant pousser les médias à se structurer, à se discipliner davantage et être sérieusement en phase avec les règles professionnelles ».
La patronne de la radio, télévision de Ngazidja a souligné le traitement qu'ont subi les journalistes, relevant huit actes et incidents contre les journalistes et les médias dont, dit-elle, des fermetures de radio.
« Si on s'accorde à dire qu'il y a urgence à discipliner les médias, à aider ceux qui y travaillent à se conformer aux règles professionnelles, il y a aussi devoir pour ceux qui sont investis de l’autorité publique à se conformer aux règles qui régissent le secteur de la presse dans notre pays », a-t-elle indiqué, rappelant que la fermeture d'une entreprise de presse relève uniquement de la compétence du Cnpa. Et elle d’énumérer les reformes qui ont été menées notamment, la réactualisation du code de l'information et de la communication. Mais surtout la création des premières cartes des journalistes professionnels. « Il s'agit à nos yeux d'une avancée majeure vers la la professionnalisation du métier de journaliste (…) c'est pourquoi nous profitons de cette occasion pour solliciter à nouveau la publication du décret portant création de la carte de presse »,a-t-elle fait savoir.
« Vous avez posé un ensemble de questions auxquelles je ne me soustrairai d'autant mieux que je les trouve cruciales sur l'avenir de votre profession et bien sûr pour l'avenir de notre pays », a rétorqué le président Azali Assoumani. Et de renchérir : « une démocratie digne de ce nom ne peut fonctionner sans pluralisme médiatique, ni liberté d'expression. Je partage avec grande humilité ces valeurs que je voudrai inébranlables pour notre pays ».
Le locataire du palais de Beit-Salam fait savoir que liberté d'expression ne signifie pas liberté d’invective, ni atteinte à la dignité humaine, ni diffamation. « Je sais que vous avez la volonté d'informer le mieux possible les comoriens, parce que vous avez le goût de la vérité et l'attention portée aux mots justes », fait-il observer.
« Je ne suis pas journaliste mais je crois modestement que lorsqu'on tient une information, la règle c'est de la vérifier, d'appeler les différents interlocuteurs et acteurs pour rendre au public, la version la plus fidèle à la réalité », a-t-il poursuivi.
Et de conclure : « vous avez des droits incontestables, mais vous avez aussi et avant tout un devoir de responsabilité, parce que ce pays est le votre (…) je ne suis pas entrain de vous faire une leçon aux journalistes, loin de là mais vous êtes un contre pouvoir et devez être capables même au sein de votre profession de vous élever contre des agissements qui ne sont pas dignes des professionnels que vous êtes ».
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