La Gazette

des Comores

Visite du président Azali à l’Elysée / Le CNT dénonce les accords et accuse Azali de « trahison »

Visite du président Azali à l’Elysée / Le CNT dénonce les accords et accuse Azali de « trahison » © : HZK-LGDC

Dans un communiqué en date du 23 juillet, soit 48 heures après la visite officielle à l’Elysée, le Conseil National de Transition (CNT) avec à sa tête l’ancien gouverneur de Ngazidja Mouigni Baraka Said Soilihi, accuse le Président Azali Assoumani d’avoir franchi « la ligne rouge en renonçant à la souveraineté nationale des Comores sur Mayotte ». Le CNT appelle le président Français « à appuyer l’Union Africaine et la Communauté Internationale pour contribuer positivement à une solution cohérente, globale et définitive » pour mettre fin à la crise postélectorale aux Comores.


« Le Président Emmanuel Macron a accueilli le Colonel Azali, auteur du putsch militaire du 30 avril 1999 et du hold-up électoral du 24 mars dernier. Et ce malgré l’hostilité de cette visite exprimée par une large population de la diaspora comorienne en France, le CNT et des partis de l’Opposition comorienne », lit-on en attaque du communiqué signé par Mouigni Baraka Said Soilihi en date du 23 juillet dernier. Le président du Cnt, groupement créé quelques jours après la tenue des élections du 24 mars dernier pour dénoncer « un hold-up électoral », annonce à l’Etat Français que « le Colonel Azali Assoumani ne bénéficie d’aucune légitimité lui permettant de représenter la nation ». « Et moins encore, il ne peut autoriser son Ministre des Affaires Etrangères à outrepasser les prérogatives relevant constitutionnellement du ressort de l’Assemblée Nationale », est-il écrit avant de poursuivre que « Ainsi, il vient de récidiver une forfaiture et une haute trahison ». 

 

Le Président du CNT considère ce « rendez-vous à l’Elysée » comme un moyen pour Azali Assoumani de vouloir et « d’espérer se donner une légitimité qu’il n’a pu avoir à travers les urnes ». « Le prix à payer fut de franchir la ligne rouge en reniant à la souveraineté nationale des Comores sur Mayotte, ce qui est considéré par la constitution comme une haute trahison à la nation », justifie ledit communiqué. Ainsi, le président du Cnt, réitère auprès du président Macron une « solution cohérente, globale et définitive de la profonde crise politico-institutionnelle et socio-économique » qui frappe l’archipel des Comores et l’appelle « à appuyer l’Union Africaine et la Communauté Internationale », car écrit-il « c’est la seule voie qui permet de sauvegarder l’amitié et la fraternité historique qui lient les deux pays ». 

A l’occasion de cette rencontre entre Azali Assoumani et son homologue français, un nouvel accord de partenariat qui fixe la solution sur le contentieux territorial de Mayotte pour la lutte contre les mouvements de populations non maitrisés et la sauvegarde des vies humaines en mer  a été signé. Pour le Cnt, ces accords-cadres qui « remettent en cause la souveraineté nationale de l’Union des Comores dans ses frontières internationalement reconnues » et « prévoient de supprimer la libre circulation des populations entre les îles, accorder aux mahorais une place aux négociations, autoriser le refoulement des comoriens installés à Mayotte, transformer notre Etat à une police côtière au service des autorités politiques et administratives mahoraise ». Le communiqué ne manque pas de préciser que cela représenterait « une atteinte grave à la souveraineté nationale ». 

Ledit communiqué affirme que les mahorais « se réjouissent » car cela prouve que les Comores « prennent en compte » leur choix de 1974. Le Cnt lance un appel à l’ensemble « des forces vives de l’intérieur et de l’extérieur à un sursaut », à rejeter ces accords qui sont selon lui, « nuls et non avenus » et « à poursuivre la lutte pour restaurer la démocratie, les droits de l’homme et l’Etat de droit ». 

A.O Yazid

 


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