C’est en tout cas le vœu du président de la République, lors d’une réflexion citoyenne sur la réconciliation nationale organisée à Anjouan le 19 juillet dernier. Organisée dans le cadre solennel du cinquantième anniversaire de l’indépendance de notre pays, cette journée de réflexion a réuni plusieurs personnalités du pays dont le gouverneur de l’ile et de plusieurs cadres venus de toutes les régions de l’ile d’Anjouan. Une réflexion présentée comme nécessaire, dans le processus de consolidation des acquis des accords de Fomboni de 2001, qui ont refondé la nouvelle organisation de l’Etat comorien au lendemain de la crise séparatiste.
A ce rythme, les comoriens vont devenir les champions du monde des assises et autres cérémonies de réflexion sur le comment vivre ensemble. Si d’aucun juge nécessaire le maintien du dialogue dans un pays qui a connu une grave crise séparatiste, les résultats qui en découlent souvent laissent à désirer. En réalité, bon nombre d’observateurs jugent qu’il ne peut y avoir une vraie réconciliation nationale sans la libération des prisonniers politiques et le premier d’entre eux, l’ancien président, Ahmed Abdallah Mohamed Sambi. Une affaire de symbole, diront certains, mais en politique comme ailleurs mais surtout en politique, le symbolique est parfois décisif dans les choix des hommes d’Etat.
La libération de Mandela en 1990 avait accéléré la fin de l’apartheid en Afrique du Sud. Aux Comores, celle de Sambi pourrait être un accélérateur dans cette dynamique que le chef de l’Etat veut mettre sur les rails d’ici la fin de son mandat en 2029 dans le cadre de ce genre d’évènement. Cela dit, cette dynamique ne peut être sérieuse qu’en étant inclusive. Malheureusement lors de cette réflexion, seule la mouvance présidentielle était représentée « Des voix diverses ont enrichi les échanges, notamment Houmed Msaidie, Caambi Elyachurtu, Djaanfar Salim Allaoui et l’honorable Millissane, qui ont analysé les avancées et les limites des mécanismes de réconciliation engagés depuis Fomboni », comme nous rapporte le site de Beit-Salam.
Le chef de l’Etat a fait lors de cette réflexion une autre annonce, celle concernant l’organisation en prolongement à cette rencontre de Mutsamudu, d’organiser une cérémonie de réconciliation au mois de février 2026 à Fomboni, tout un symbole. D’ailleurs, Beit-Salam a fait le rapprochement entre cette nouvelle initiative présidentielle, et les accords de Fomboni « En clôture, son excellence le Président AZALI Assoumani a annoncé une cérémonie nationale dédiée à la réconciliation, qui se tiendra à Mohéli le 17 février 2026, un clin d’œil fort à la date même de la signature des Accords de Fomboni, 25 ans plus tôt » qui fêteront l’année prochaine leur 25eme anniversaire. Pourvu que d’ici là des gestes forts seront posés pour permettre à ce dialogue de prendre tout son sens, et puisse créer un climat d’apaisement sociopolitique sincère.
Imtiyaz
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