La Gazette

des Comores

Verdict du procès de la tentative de coup d’Etat aux Comores / Travaux forcés à perpétuité pour Djaffar, Sast, Me Bahassani et Commandant Faissoil

Verdict du procès de la tentative de coup d’Etat aux Comores /  Travaux forcés à perpétuité pour Djaffar, Sast, Me Bahassani et  Commandant Faissoil © : HZK-LGDC

Une peine sans appel, incompressible suivie d’une déchéance des droits civiques. La Cour de sûreté a rendu son impitoyable verdict : les travaux forcés à vie pour l’ancien vice-président Djaffar Ahmed Said Hassani, l’écrivain Said Ahmed Said Tourqui, l’avocat Me Bahassani Ahmed et le commandant Faissoil Abdousalami. Nourou Tourqui, Aliane Halifa et Younoussa ont écopé de 20 ans de prison. Quant à l’ancien chef d’Etat-major adjoint, il a pris 3 ans.


La Cour de sûreté  de l’Etat  a rendu son verdict, contre les auteurs de la tentative de coup d’Etat ce 15 décembre après deux jours de procès. Sur les 10 prévenus, 4 sont condamnés aux travaux forcés à perpétuité : «  il s’agit de l’écrivain Said Ahmed Said Tourqui, de l’ancien colistier du président Azali, Djaffar Ahmed Said Hassani, de l’avocat Me Bahassani Ahmed et du commandant Faissoil Abdoulsalami. Leur condamnation est assortie d’une période de sûreté incompressible  de 30 ans et de la privation  de leurs droits civiques pendant 10 ans », a déclaré le président de la Cour de sûreté, Abdallah Abdou. 

 

Nourou Tourqui, ancienne secrétaire particulière du président de la république et sœur de Said Ahmed Said Tourqui et deux autres soldats, Aliane Halifa et Younoussa Mze (alias Taoufik) ont écopé de 20 ans de prison ferme et ne peuvent élire ou faire élire durant une période de 8 ans.  Quant à l’ancien chef d’Etat-major adjoint, Ibrahim Salim, il a écopé de 3 ans d’emprisonnement ferme incompressible. Enfin, Mohamed Moussa et Ibrahim Djae, deux militaires ont été relaxés. Les décisions de la Cour de sûreté se font en dernier ressort et ne peuvent faire l’objet d’appels.

 

Le commissaire du gouvernement, Mohamed Abdou avait, lors de son réquisitoire le 15 décembre, plus tôt dans la journée, requis la perpétuité pour 4 des auteurs présumés du complot sur les 10 prévenus. Pour lui, « L’écrivain Said Ahmed Tourqui est l’instigateur de la tentative de coup d’Etat et de la tentative d’assassinat du chef de l’Etat, la planification revenait à l’officier, le commandant Faissoil Abdousalami, le financement du coup d’Etat est revenu à l’avocat Me Bahassani Ahmed et le crime devait profiter à l’ancien vice-président Djaffar Ahmed Hassani » a-t-il déclaré.

 

Il a précisé « que le coup d’Etat devait se tenir en juillet, pour la simple raison, que le président assassiné à cette période, la présidence revenait de droit, selon la constitution de l’époque à l’ancien-vice-président Djaffar ». Pour rappel l’ancien colistier du président Azali Assoumani a quitté le pays précipitamment au début du mois de septembre. Un mandat d’arrêt international a été lancé contre lui le 07 septembre dernier et ses passeports annulés. Djaffar se trouverait en Tanzanie.

 

Le commissaire du gouvernement avait  par ailleurs demandé une peine d’emprisonnement de 20 ans pour, Sitti Nourou Tourqui, ancienne secrétaire particulière du président de la république et sœur de Said Ahmed Said Tourqui et deux autres soldats, Aliane Halifa et Younoussa Mze (alias Taoufik) .

 

Le ministère public avait requis 3 ans de prison ferme pour l’ancien chef d’Etat-major adjoint, Ibrahim Salim « pour non dénonciation de la tentative de coup d’Etat, coupable d’infraction passive ». Et la relaxe pure et simple pour Mohamed Moussa et Ibrahim Djae, « pour coopération et dénonciation aux autorités du complot ». Ces derniers sont les seuls à s’être présentés à l’audience samedi dernier, chargeant l’écrivain Said Ahmed Said Tourqui.

 

Les autres prévenus ainsi que leurs avocats ne se sont pas présentés au procès. A l’exception notable de Me Aboubacar Abdallah du barreau de Mutsamudu qui a plaidé pour l’ancien chef d’Etat-major adjoint, Ibrahim Salim.

 

Toujours est-il que selon Me Mzimba, du collectif des avocats de la défense, par ailleurs bâtonnier du barreau de Moroni a déclaré dans la matinée du samedi qu’un recours avait été introduit à la Cour suprême « pour statuer sur la légalité de la Cour de sûreté ». Et de préciser «  que si celle-ci reconnaît l’illégalité de la Cour de sûreté, le procès impliquant nos clients se tiendra mais sous une autre juridiction ». Ainsi s’est achevé un procès au verdict d’une violence inouïe qui a relancé le débat sur la raison d’être d’une Cour de sûreté aux relents putrides, issue d’une sombre époque qu’il faudrait enfin songer à enterrer.

 

Faïza Soulé Youssouf

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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