Tout est question de tenir un dialogue inclusif. C’est ce qui laisse dire les mots de Ali Hamissi Moussa. Ce dernier revient sur le choix à porter pour nommer un médiateur capable de réunir toutes les parties prenantes et ainsi collecter les idées des uns et des autres pour ainsi se projeter vers un dialogue riche et effectif.
Le pays traverse une crise politique qui ne dit pas son nom depuis l’avènement des élections présidentielles anticipée de 2019, à l’issue desquelles Azali Assoumani s’est succédé à lui-même. Depuis, l’opposition ne cesse de crier à la fraude et à la non-légalité de sa présidence. Il en découle un long processus dans la perspective des prochaines élections en 2024. Dans sa volonté d’assurer des élections transparentes, le Chef de l’Etat a appelé à un dialogue national. Bien que l’opposition décline l’invitation, les préparatifs pour ce rendez-vous inter-comorien se poursuivent.
Les voix divergent s’agissant du format et du contenu de ce dialogue. Ali Hamissi Moussa, administrateur des services financiers, s’est confié sur la question. Et revenant sur le sujet, il salue cette initiative rappelant que l’appel au dialogue a été fait par le Chef de l’Etat, Azali Assoumani et que « cela prouve qu’il reconnait qu’il y a des choses qui ne vont pas bien » contrairement aux conclusions tirées par les émissaires de l’Union Africaine.
Bien qu’il reconnait la nécessité d’organiser ce dialogue national inter-comorien, Ali Hamissi Moussa rappelle que le Président de la République a sauté une étape importante pour assurer la participation de tous les acteurs comme cela il se doit. « Je l’ai déjà dit et je le redis encore, rien n’aurait été plus sûr que la nomination d’un médiateur pouvant réunir les avis des uns et des autres et inciter toutes les parties à participer à ce dialogue », souligne-t-il avant de préciser que ce dernier doit avoir des critères qui ferait l’unanimité des uns et des autres car « il faut aussi rappeler que les actions du médiateur auraient différé de celles du modérateur mis en place ».
Si des voix regrettent qu’après la tenue des Assises Nationales en février 2017, le Chef de l’Etat revient avec l’idée du dialogue, notre interlocuteur tire droit dans ses bottes de l’importance et de la nécessité du dialogue. « Arrêtons de dire qu’il ne doit pas y avoir un dialogue parce qu’il y a eu les Assises. Nous devons prendre le positif dans cet appel du Président de la République car cela prouve qu’il reconnait le vide administratif qu’il y a dans nos institutions. Et comme dit l’adage, ‘’il n’est jamais trop tard pour mieux faire’’ », fustige-t-il. « Ensemble nous devons veiller à ce que cette fois le travail soit bien fait et qu’il apporte ses fruits car la situation s’est dégradée et que nous devons tout mettre en œuvre pour trouver les solutions pouvant sauver le pays », poursuit-il.
Pour que l’opposition accepte de participer à ce dialogue, Ali Hamissi soutient que « le combat n’est pas facile » mais regrette que le régime continue à dire que « avec ou sans elle (Ndlr, l’opposition), le dialogue aura lieu » car dans ce cas il n’apportera pas ses fruits. « S’il y a des parties qui doivent absolument faire partie de ce rendez-vous alors retenons que c’est l’armée à fin d’éviter ce qui s’est passé en 2019. La société civile, la diaspora et la notabilité aussi doivent être conviées », dit-il. Si Ali Hamissi reconnait que tout le monde doit se sentir concerné par ce dialogue, ce dernier appelle la participation de toutes les couches sociales. « Je n’ai pas de solution miracle à proposer mais des suggestions à faire au préalable pour que ce dialogue réussisse », conclut-il.
A.O Yazid
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.
© : HZK-LGDC