La Gazette

des Comores

Transfert des compétences de la CC à la cour suprême / L'union de l'opposition ne décolère pas

Transfert des compétences de la CC à la cour suprême / L'union de l'opposition ne décolère pas © : HZK-LGDC

L'opposition ne décolère pas, après la décision du président de la République de transférer provisoirement les attributions de la cour constitutionnelle à la cour suprême. Les leaders de l'union de l'opposition ont tiré dans tous les sens au cours d'une conférence de presse tenue hier lundi.


Entre l'union de l'opposition et le gouvernement du colonel Azali, il y a de l'eau dans le gaz. La récente décision du chef de l'État de transférer provisoirement les compétences de la cour constitutionnelle à la cour suprême lui a valu une volée de bois vert de la part des leaders de l'union de l'opposition. « Cette décision s'apparente à un acte autrement symbolique. Puisqu'il ne s'agit pas de s'attaquer à la constitution tout simplement, mais c'est un renversement complet de la légalité constitutionnelle », a déclaré Youssouf Boina. Le secrétaire général de l'Updc qui avance que le but de l'opposition, c'est de restaurer, dit-il, la légalité républicaine, remettre le pays sur les rails de la démocratie et rétablir les valeurs de la république.

 

« Nous pensons que le colonel Azali a dépassé les limites de l’indécence dans la mesure où, il a détruit l'ordre constitutionnel par la voie d'une décision et décret. C'est un empiétement grave des compétences du peuple comorien », croit-il savoir. Pour ce juriste de son État, en piétinant la constitution, le régime a perdu la légitimité « ailleurs la procédure d’impeachment contre le président de la République aurait du être enclenchée », a-t-il soutenu, qualifiant les conseillers juridiques du chef de l'État d’apprentis sorciers.

 

La tête dans les nuages, l'opposition se voit, par ailleurs, réconfortée par le cortège de ralliement et des soutiens. Dernier en date celui du gouverneur de Ngazidja Hassane Hamadi, dont le porte parole de son exécutif avait d'ores et déjà annoncé la couleur avant même cette rencontre de Mrodjou (siège du gouvernorat) samedi dernier.

 

L'ancien gouverneur Mouigni Baraka ne s'en cache pas et promet que leurs actions ne se limiteront pas dans l'organisation de conférences de presse, « nous irons jusqu'au bout. Car nos efforts commencent à produire leurs fruits. Je me réjouis que les positions du collectif de la 3ème voie rejoignent les nôtres ». Ce chef de l'opposition à Ngazidja laisse entendre que « les restrictions des libertés fondamentales » font courir au pays le risque d'être mis au banc de la communauté internationale.     

 

Même son de cloche pour Mohamed Ali Soilih, pour qui le régime se mue progressivement en dictature. « Aujourd'hui, on ne se permet pas de baisser les bras, surtout au moment où nos cris commencent à avoir de l'écho, fait-il observer. Ces deux années sont un gâchis pour les comoriens ». Pour le président de l'union de l'opposition, la récente décision controversée du président de la République « est une conséquence logique de ce qui se passe depuis la mise en place de ce régime ». L'ancien vice-président et candidat malheureux aux dernières élections présidentielles se laisse aller dans une énumération des institutions « mises à plat par le pouvoir, notamment la dissolution de la commission anti-corruption ».

 

Dans le viseur de l'opposition l'enquête parlementaire sur la citoyenneté économique, dont des élus de l'opposition soupçonnent une d’être partiale. « Le château de sable s'est effondré sur cette question. Vous n'êtes pas sans savoir qu'il y a deux rapports. Nous allons mettre à la disposition du public ces deux rapports pour que chacun fasse sa comparaison et son analyse », a-t-il expliqué.

 

Et de poursuivre « une chose est sûr, c’est qu'on a voulu maquiller les uns et protéger les autres. Ce n'est pas le cas aujourd'hui, grâce au travail qui a été fait par nous autres membres de l'opposition ». L'élu de la région d'Itsandra sud qui révèle la somme de 38 millions fc qui auront disparu, accusant le président de l'assemblée nationale et son bureau de confisquer en outre, le carburant destiné à l'institution depuis six mois.

 

Maoulida Mbaé

       

 

 

 

 


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