La Gazette

des Comores

Tension à Mayotte / Moroni s'oppose aux reconduites

Tension à Mayotte / Moroni s'oppose aux reconduites © : HZK-LGDC

Le ministre des affaires étrangères Mohamed El Amine Souef hausse le ton face à l'exaspération que suscite l’explosion de violence sur l'île de Mayotte. Dans une conférence de presse tenue ce samedi, le chef de la diplomatie comorienne renvoie la France devant ses responsabilités et assure qu'il est hors de question que Moroni accueille les refoulés de Mayotte.


Au tour du ministre comorien des affaires étrangères de condamner la montée des actes de violence qui se produisent dans l'île de Mayotte. Mohamed El Amine Souef demande à la France de garantir la sécurité de tous les ressortissants quelle que soit leur île ou leur pays d'origine. « S'il s'avère qu'il y a des gens qui se sont présentés pour être sécurisés et que la gendarmerie française n'était pas en mesure de le faire, c'est vraiment catastrophique. Cela prouve que la France n'a rien à faire à Mayotte. Et elle n'a qu'à nous rendre les clés, a-t-il déclaré. Parce que quand vous regardez ce qui se passe ici, la situation est calme à la Grande Comore, à Anjouan, à Mohéli. Et nous pouvons imposer cela à Mayotte ».

 

Le chef de la diplomatie comorienne selon qui, il est hors de question que Moroni accueille les refoulés de Mayotte. « La France n'a qu'à prendre ses responsabilités à Mayotte. Elle ne peut pas faire déplacer le centre de gravité de Mayotte à Anjouan ou la Grande Comore », a-t-il indiqué. Pour-lui, la reconduite n'est pas la solution : « il faut s'asseoir et parler franchement. C'est ce que nous avons demandé à la partie française (…) Nous avons accepté à ce que les élus mahorais fassent partie de la délégation française pendant les travaux mixtes. Justement tout cela pour aller dans le sens de l’apaisement et du rapprochement. Aujourd'hui, les résultats sont là. Mayotte ne fait que durcir sa position. Et il est inadmissible », a-t-il soutenu, accusant les élus de cette île comorienne sous domination française de jouer l'obstacle sur la feuille de route du 12 septembre 2017.

 

Dans cette même lancée, le patron de la diplomatie comorienne déplore les surenchères verbales des élus mahorais, brandissant tel est un trophée, l'argument d'un Mayotte 101e département français. Une attitude que M. El Almine Souef a fermement condamnée et estimant qu'elle jette de l'huile sur le feu. « Si Mansour Kamardine veut être français, libre à lui. Mais Mayotte est comorienne. Qu'il ne vienne pas brandir à chaque fois que Mayotte est un département. Sinon, l’Algérie l'était à une époque. Nous de notre côté, nous pouvons dire aussi, que nous avons avec nous toutes les résolutions des Nations Unies, l'histoire et la géographie », a-t-il martelé.

 

A la question de savoir, si cette position n'expose pas son pays à des représailles de la part de la France comme ce fut le cas à l’époque du régime du président Sambi où les autorités françaises avaient fermé le service des visas, la réponse est sans équivoque. « Justement, on n’a pas besoin du service de visa (…) Si aujourd’hui, la France décide de fermer unilatéralement le service de visa. Peut être que ça nous arrangerait. Parce que ça c'est un début. El la suite c'est quoi. C'est de nous rendre les clés de Mayotte et partir ».

 

Malgré ce ton inhabituel dans la diplomatie comorienne, le ministre des affaires étrangères dit toutefois être ouvert au dialogue. Dans un communiqué de presse, le ministère des affaires étrangères « fait part de la disponibilité du gouvernement comorien à travailler de concert avec les autorités françaises dans un dialogue franc et constructif pour préserver la paix et la sécurité, menacées sur cette partie (Mayotte : ndlr) du territoire national ».

 

 

  

 

 

  


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