Suspendue de ses fonctions de commissaire de la Ceni chargée de matériel, Mariama Massoundi saisit la cour suprême. Dans une conférence presse, cette femme qui représentait l'opposition dans cette commission électorale livre sa version des faits. Au coté de son avocat, elle a particulièrement chargé le secrétaire général de la Commission Electorale Nationale Indépendante, Said Mze Dafine.
La commissaire chargée de la coordination du matériel, Mariama Massoundi, suspendue par arrêté ministériel le 28 novembre dernier a rencontré la presse ce lundi, assistée dans cet exercice par son avocat, Me Djamalidine Soiliha. Mariama Massoundi est revenue sur la journée du 3 décembre au cours de laquelle, elle a appris sa suspension. « Vers 15 heures, ce jour-là, le secrétaire général de la Ceni, Said Mze Dafine m’a appelée et m’a demandé de me rendre dans son bureau », a-t-elle déclaré. Une fois sur place, le secrétaire général lui présente, selon elle, deux documents.
« Le premier est l’arrêté portant ma suspension et le deuxième est une note de service signée par le président Djaza, qui actait mon remplacement par une autre membre de la Ceni, Hassani Asmakou Nassabiya », a-t-elle révélé. Rapidement, selon la conférencière, le secrétaire général de la commission électorale lui a demandé de rendre « cachets, clés du bureau, fichiers électroniques et inventaire du matériel ». Ce à quoi elle a répondu « qu’elle était dans l’impossibilité de le faire étant donné qu’elle n’avait pas été prévenue ». Elle a fini par rendre les clés suite à l’insistance de son vis-à-vis.
Mariama Massoundi est ensuite revenue sur le rapport du 03 juillet 2018 visé par l’arrêté ministériel qui l’a suspendue de ses fonctions. « Je n’ai jamais eu connaissance de ce document et mes collègues non plus», a-t-elle déploré avant de dire qu’elle a fini par se rendre compte que ledit rapport n’émanait pas de la Commission Electorale. La statisticienne de formation est longuement revenue sur le cas Said Mze Dafine. « Je ne comprends pas que le secrétaire général ait pu avaliser l’arrêté illégal du ministre en charge des élections alors qu’il y a deux ans, Latuf Abdou et lui étaient quasiment dans la même situation et nous avons fait montre de solidarité active à leur endroit », a-t-elle rappelé.
Il est vrai qu’en janvier 2016, les commissaires Said Mze Dafine et Latuf Abdou avaient été suspendus par le président de la Ceni puis révoqués par décret présidentiel. Un arrêt de la cour constitutionnel avait cassé le décret et les deux commissaires ont réintégré la commission électorale en février de la même année. La conférencière s’est donc demandée si le secrétaire général pouvait encore se prévaloir d’une indépendance face à son ministère de tutelle.
Elle a par ailleurs appelé à la solidarité des membres de la commission en charge des élections « à s’unir pour s’indigner de la décision illégale du ministre de l’intérieur afin de valoriser notre indépendance condition sine qua none pour la tenue d’élections transparentes, crédibles ». Son avocat, Me Djamalidine Soiliha conteste vigoureusement l’arrêté de Mohamed Daoudou. « Aucune de ses compétences ne lui permet de suspendre un membre du bureau de la Ceni, cet arrêté est illégal car ne reposant sur aucune loi, ni sur le règlement intérieur régissant la Ceni », a-t-il martelé.
Ainsi, ce 10 décembre, le conseil de Mariama Massoundi a introduit un recours à la cour suprême, dans sa chambre administrative. Il dit avoir bon espoir pour que sa cliente soit reconduite dans ses fonctions. Il en veut pour preuve l’arrêt de la défunte cour constitutionnelle de 2016, cité plus haut.
Faïza Soulé Youssouf
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