Près d’une semaine après sa dernière apparition publique, le gouverneur Abdou Salami est réapparu hier. Le temps de faire une vidéo, il s’est rendu entre les mains des forces de l’ordre. Depuis, « il est sécurisé », selon le ministre de l’Intérieur, Mohamed Daoudou.
C’était prévisible. C’est arrivé. Le gouverneur de l’île d’Anjouan, Salami Abdou est entre les mains des forces de l’ordre depuis hier après-midi. La confirmation est venue du ministre de l’Intérieur, Mohamed Daoudou, lors d’une conférence de presse prévue à cet effet, ce dimanche. « Le docteur Salami est entre les mains des forces de l’ordre, il se trouve dans sa résidence, qui est hautement sécurisée », a-t-il annoncé. A la question de savoir s’il était en garde-à-vue ou en résidence surveillée, le ministre a répondu «qu’il était sécurisé». Il aura au cours de sa rencontre avec la presse fait savoir que le gouverneur « s’est rendu parce que c’était sa seule issue. Il se savait localisé, raison pour laquelle il s’est rendu ».
M. Daoudou ajoutera que les autorités centrales ont tout fait pour éviter un bain de sang, raison pour laquelle, il n’a pas été «cueilli». Le premier magistrat d’Anjouan est accusé « d’avoir été de mèche avec les terroristes, qu’il leur a fourni les armes et il y a des preuves qui l’attestent ». Le porte-parole du gouvernement a par ailleurs fait savoir que plusieurs « autres autorités de l’île d’Anjouan, étaient elles aussi impliquées». Depuis samedi, des rumeurs faisant état d’une nomination de la part du gouvernement d’un administrateur, en remplacement de Salami qui devrait être destitué, étaient persistantes.
Le ministre de l’Intérieur ne confirmera pas l’information, se cantonnant à « il y a des lois qui régissent le pays, elles seront utilisées à bon escient ». Justement, la nouvelle loi fondamentale prévoit « qu’en cas de vacance ou d’empêchement définitif du gouverneur qui intervient au-delà des 900 jours, le secrétaire général du gouvernorat termine le mandat ». Mohamed Daoudou, ayant parlé de plusieurs autres personnalités de l’exécutif insulaire impliquées et qui sont donc susceptibles d’être arrêtées ; qu’est ce qu’il adviendrait si le secrétaire général du gouvernorat nommé hier par Salami, était aussi dans ce cas ? Sa réponse sera tout aussi évasive : « La loi sera appliquée ».
Des affrontements entre militaires et insurgés ont eu lieu, principalement dans la médina de Mutsamudu, du 15 au 18 octobre. Le bilan officiel fait état de 3 morts et de plusieurs blessés. Un protocole d’accord a été signé le 19 octobre dans lequel il était promis aux civils armés qui rendraient leurs armes aux autorités militaires, l’impunité et la liberté. 3 armes seulement ont été récupérées par les forces de l’ordre. Samedi, l’armée a fait irruption dans la médina, dans laquelle étaient censés se trouver les insurgés. Elle n’en a retrouvé aucun alors que celle-ci était pratiquement assiégée par l’armée. Le ministre de l’Intérieur a fait savoir que le délai imparti « aux terroristes pour rendre leur armes a été prolongé ». De combien de temps, il ne l’a pas précisé, tout en étant persuadé que les armes, elles, se trouvaient bien dans la vieille ville. Les insurgés aussi ?
Faïza Soulé Youssouf
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