Il a remis sa démission au chef de l’État hier mercredi 29 juillet, avant le Conseil des ministres hebdomadaire au palais présidentiel de Beit-Salam. Il devrait, de prime abord, rejoindre l’ONU, dont il est fonctionnaire.
Le ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale, Souef Mohemed El-Amine, démissionne du gouvernement Azali après trois ans de services. Ce diplomate chevronné devrait de prime abord rejoindre l’ONU dont il est fonctionnaire. Au-delà de sa carrière internationale, il est de notoriété publique qu’entre le désormais ancien chef de la diplomatie et l’argentier de l’État, le courant ne passait plus.
Beaucoup des proches de Souef affirment que très souvent, le ministre des affaires étrangères payait de sa propre poche les frais inhérents à ses missions aussi bien à l’étranger qu’à Moroni. De même pour ces fonctionnaires détachés à l’étranger, dont, s’ils sont proches de Souef, les frais d’installation étaient payés au compte-goutte, si ce n’est rien du tout, selon toujours nos informations. « Souef prenait cette situation comme une humiliation », nous rapporte un des collaborateurs de celui qui a fêté ses 58 ans en famille, mardi soir dans sa résidence de Mitsoudjé.
Nommé en juillet 2017 à l’issue du remaniement qui a vu les ministres Juwa débarqués du gouvernement, Souef aura marqué son passage aux Affaires étrangères par son rôle de bouclier qu’il a joué lors du referendum constitutionnel, auquel, et c’est le cas de le dire, la communauté internationale s’était farouchement opposée.
Début juillet 2018, alors que le scrutin est prévu pour la fin du mois, l’Union Africaine enjoint au gouvernement comorien de « suspendre » le processus référendaire en cours. Une position qui a décoiffé la plus haute sphère de l’État, d’autant qu’à l’intérieur du pays la situation était déjà bouillonnante. Diplomate connu et reconnu, Amine Souef a entamé un sprint diplomatique et réussi, dans sa course contre la montre, à faire changer à l’Union africaine son fusil d’épaule.
En effet, à moins de 10 jours avant la date du scrutin, l’organisation panafricaine a complètement revu sa copie, pondue à l’issue de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’UA, les 2 et 3 juillet à Nouakchott. Par le nouveau communiqué, l’UA a, contre toute attente, béni le processus, et exhorté les parties prenantes à engager une « consultation inclusive sur les réformes constitutionnelles » sous ses auspices. Comme si cela ne suffisait pas, l’Union africaine a précisé qu’elle observait attentivement mais « ne peut rien imposer dans la situation actuelle ».
Le referendum a eu lieu le 30 juillet, comme prévu. Suivent ensuite les élections anticipées de mars 2019, auxquelles l’opposition a pris part, après un dialogue conduit par…l’Union africaine à la demande du gouvernement comorien. Un remaniement gouvernemental est attendu après la fête de la Ide Elkkebir, célébrée demain vendredi 31 juillet.
TM
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.
